Angelina Jolie affirme que ces 3 mythes alimentent la violence sexuelle

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ANGELINA JOLIE
Actress Angelina Jolie, special envoy to the United Nations High Commissioner for Refugees, attends the 2017 UN Peacekeeping Defence Ministerial conference in Vancouver, British Columbia, Canada, on Wednesday, Nov. 15, 2017. Over 500 delegates from more than 70 countries and international organizations will gather at the upcoming Defence Ministerial to discuss improvements to UN peacekeeping operations and focus on securing new pledges from Member States. Photographer: Ben Nelms/Bloomberg via Ge | Bloomberg via Getty Images
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Angelina Jolie croit qu'il y a trois mythes pour lesquels la violence sexuelle - ce que le Rape, Abuse & Incest Network définit comme «un terme non juridique qui réfère aux crimes comme l'agression sexuelle, le viol et l'abus sexuel» - est toujours d'actualité dans les zones de conflit et ailleurs, malgré les avancées faites autour du monde.

L'actrice de 42 ans est l'envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Elle donnait le discours d'ouverture mercredi à Vancouver pour la Conférence des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies. HuffPost Canada a eu un premier regard sur le discours de Jolie.

La mère de six enfants presse les politiciens, les ministres de la Défense et les leaders militaires à aider les soldats de la paix à mieux répondre à la violence sexuelle autour du monde, et elle expose les mythes qu'elle croit être au coeur des raisons pour lesquelles ces crimes persistent.

«Le premier mythe est que ce comportement est sexuel», rapporte le discours de Jolie. «Souvent, ces comportements contre les femmes sont ridiculisés, représentés comme un délit mineur par quelqu'un qui ne peut pas se contrôler, comme une maladie, ou comme un besoin sexuel exagéré. Mais un homme qui maltraite les femmes n'est pas obsédé par le sexe. Il est abusif.»

Jolie note que presque chaque réfugiée Rohingya dans les camps au Bangladesh est survivante ou témoin de violence sexuelle.

«C'est des viols et des agressions destinés à torturer, humilier, terroriser et forcer les gens à s'enfuir. Ça n'a rien à voir avec le sexe. Ça a tout à voir avec l'abus de pouvoir.»

"Un homme qui maltraite les femmes n'est pas obsédé par le sexe. Il est abusif."

Jolie explique que le deuxième mythe est que la violence sexuelle n'est pas perçue comme un crime assez sérieux pour justifier une action en conséquence. Ce n'est pas traité comme «une problématique centrale pour les négociations de paix. Ce n'est pas assez grave pour monter des poursuites judiciaires et emprisonner ceux qui sont responsables.»

Angelina Jolie rencontre des réfugiés syriens dans la vallée de Bekaa au Liban.

Selon les Nations Unies, environ 120 millions de filles à travers le monde ont fait l'expérience de relations sexuelles forcées à un moment ou à un autre dans leur vie. Et s'il y a des statistiques sur comment plusieurs femmes sont violées et font l'expérience d'autres formes de violence sexuelle pendant les conflits, Human Rights Watch note que la violence sexuelle dans les zones de conflit est sous-déclarée à cause «de la stigmatisation, du risque de représailles, du manque d'accès à des écrans de contrôle, des ressources inadéquates pour du journalisme sécuritaire, et d'une faible réponse du gouvernement.»

Si des millions de familles vivent dans la peur de la violence sexuelle dans les zones de conflit, Jolie se demande pourquoi la situation ne change pas. «C'est constamment dans nos écrans de télévision et dans nos journaux. Pourquoi donc est-ce que rien ne change?»

Le troisième mythe est que nous ne puissions rien faire pour arrêter la violence sexuelle, que ce soit à la maison ou à l'étranger, selon Jolie. Même si les deux premiers mythes sont dissipés, beaucoup pensent que le problème est trop gros à régler. Mais Jolie dit que ce n'est pas impossible, et que les pays ont «les lois, les institutions et l'expertise pour collecter les preuves. Ce qui manque est la volonté politique.»

C'est constamment dans nos écrans de télévision et dans nos journaux. Pourquoi donc est-ce que rien ne change?

En tant qu'envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et cofondatrice de la Preventing Sexual Violence Initiative, Jolie s'y connaît sur le sujet de la violence sexuelle.

En juin, la réalisatrice a visité Nairobi au Kenya pour rencontrer des réfugiées qui habitaient en lieu sûr après s'être enfuies de situations de violence sexuelle basées sur le genre. «La réalité est que les femmes et les filles, de même que les hommes et les garçons, peuvent être violés avec une impunité quasi totale dans les zones de conflit à travers le monde», a dit Jolie au International Peace Support Training Centre.

L'envoyée spéciale Angelina Jolie livre une déclaration au International Peace Support Centre à Nairobi au Kenya le 20 juin 2017.
Jolie ne s'est pas gênée pour parler de ses propres expériences avec la violence sexuelle, notant dans son discours de mercredi que la violence sexuelle peut se passer n'importe où, même sur un lieu de travail.

Si elle n'a pas raconté de détails, l'actrice a raconté au New York Times en octobre qu'elle avait eu une mauvaise expérience avec Harvey Weinstein dans sa jeunesse, et qu'elle avait décidé de ne plus jamais travailler avec lui à nouveau. «Ce comportement dans n'importe quel domaine et n'importe quel pays est inacceptable», dit-elle.

Le mois dernier, le New York Times et le New Yorker ont révélé plusieurs comptes rendus d'agression et de harcèlement sexuel que des femmes auraient vécu aux mains d'Harvey Weinstein. Depuis, plusieurs autres femmes, dont les actrices Gwyneth Paltrow et Lupita Nyong'o, se sont confiées sur leurs expériences.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais.

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