Première greffe de foie sur un nourrisson en Tunisie et dans le monde arabe: Les médecins tunisiens font des miracles

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Un nouvel exploit médical s'ajoute à la liste déjà longue des réalisations phares des médecins tunisiens. En effet, l’hôpital Fatouma Bourguiba à Monastir a vécu la réussite d’une greffe du foie chez un nourrisson âgé de 18 mois, une première dans le monde arabe.

"L'opération a été effectuée avec succès," rassure le Chef de service Abdelatif Ennouri dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm ce mercredi 15 novembre. “Grâce à un partenariat avec l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris, cette opération a pu avoir lieu, en présence d’un staff médical composé de 30 médecins et cadres paramédicaux”, a-t-il précisé.

L'opération a été réalisée en trois phases et a duré plus de 10 heures, précise Dr Ennouri en soulignant que la date de l’intervention chirurgicale a été fixée depuis l’année dernière, rappelant que les préparatifs pour la réalisation de cette greffe ont duré trois ans.
Il a, en outre, ajouté qu’actuellement l’état de santé du père (le donneur) et de son bébé est stable.

“Le bébé restera sous contrôle médical pendant cinq jours pour s’assurer de l’acceptation de son corps de l’organe transplanté”, indique de son côté le directeur général de l’hôpital Radhouane Harbi à l'agence TAP.

D’autres opérations de ce type sont prévues, dans le cadre de l’accord avec l'hôpital français, a annoncé Dr Ennouri. Il a fait savoir, par ailleurs, qu'une telle opération coûte à l'étranger plus de 150 mille euros soit près de 450 mille dinars.

Cette initiative avait été annoncée, la première fois, par l’ancien ministre de la Santé, feu Slim Chaker, le 6 octobre dernier. Il n’a malheureusement pas vécu pour partager la joie de l’équipe médicale, du ministère et des parents de la patiente.

L’année dernière une opération de double greffe de foie et de rein a été effectuée avec succès à l’hôpital de Sahloul à Sousse.

Pourtant le don d’organes en Tunisie demeure faible. Seulement le tiers des Tunisiens parlent du don d’organes avec la famille et les proches, révèle un récent sondage.

D'après la directrice générale du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), Rafika Bardi, le problème de la baisse de donneurs au cours des dernières années s'explique par l’absence de la culture du don d’organes en Tunisie et dans les pays maghrébins, ce qui conduit à la mort du patient en attente d’une greffe. Elle met en cause “les traditions, les mentalités arriérées et les préjugés” ainsi qu’une “confusion” chez l’opinion publique entre le don d’organes et le trafic d’organes.

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