El Othmani promet une charte de la déconcentration administrative avant la fin de cette année

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SAADEDDINE EL OTHMANI
chef du gouvernement/Facebook
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RÉGIONALISATION - "Un engagement prioritaire". C’est ainsi que le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a qualifié, hier soir, à la Chambre des conseillers la décentralisation de l’administration. Invité dans le cadre de la séance mensuelle relative à la politique générale, il a assuré que "la mise en œuvre de la décentralisation administrative est un pilier de la construction démocratique de notre pays". Cette décentralisation va de pair avec la régionalisation avancée qui devra "jouer un rôle capital dans le développement durable économique et social".

Le gouvernement avait tracé une stratégie dans le cadre de son programme. Aujourd’hui, c’est la cadence de sa réalisation qui sera accélérée. Saad-Eddine El Othmani a annoncé que "le gouvernement se penche actuellement sur l’élaboration de la charte de déconcentration administrative pour le publier avant la fin de l’année courante".

Et puisque la régionalisation va de pair avec la décentralisation de l’administration, El Othmani a tenu à assurer que le chantier de l’élaboration des décrets liés aux régions et communes territoriale sont en cours. Une soixantaine de décrets d'application de lois réglementaires relatives aux collectivités territoriales ont été publiés pour activer ce chantier.

"Le gouvernement a veillé à généraliser les circulaires d’explication et les guides d’orientation portant sur les domaines législatifs, juridiques, financiers et techniques des régions et des communes territoriales", a indiqué le chef du gouvernement. Et de préciser que celles-ci sont assistées pour mettre au point leurs programmes de développement et le statut de leurs élus. Une réforme nécessaire, à en croire le chef du gouvernement, pour permettre aux communes territoriales de disposer d’un "cadre adéquat que ce soit avec l’administration centrale ou ses services décentralisés".

Ce sont donc des changements radicaux que la charte de déconcentration s’apprête à opérer sur le terrain. El Othmani a qualifié ce projet de "rupture définitive avec le régime de la concentration et de la prise de décision au niveau central de ses administrations". Ces dernières verront leur action se limiter "aux fonctions stratégiques qui consistent à élaborer la vision des politiques publiques dont la mise en place au niveau territorial se fera à travers les services décentralisés", a souligné le chef du gouvernement.

Ainsi, la région aura un rôle stratégique, puisqu’elle sera le noyau de la gestion de la déconcentration administrative à travers les territoires. La charte de déconcentration servira de feuille de route dans ce cas, puisqu’elle décline une nouvelle approche d’une relation qui se veut efficace entre le gouvernement avec les régions. Cela implique, a indiqué le chef du gouvernement, "la réorganisation de ses services décentralisés, le transfert des fonctions et la coordination de l’intervention de l’Etat au niveau territorial".

L’administration centrale se déclinera, dans ce cadre, par différentes représentations, notamment des directions régionales sectorielles et d’autres interministérielles. "Leur mise en place se basera sur la complémentarité et l’homogénéité des fonctions sectorielles et sur la rationalisation des ressources", a ajouté le chef du gouvernement. Et de préciser que la charte confère aux directeurs des services décentralisés la prise des décisions administratives conformément à leurs prérogatives légales.

Et pour accompagner la mise en place de la charte, un comité interministériel de déconcentration administrative sera constituée auprès du chef du gouvernement. "Sa mission sera de proposer des orientations générales de la politique du gouvernement dans le cadre de la décentralisation de l’administration et d’assurer le suivi et l’évaluation de sa mise en œuvre", explique-t-il.

Au niveau territorial, un autre comité se penchera sur la gestion régionale auprès du wali de la région. Elle sera composée des gouverneurs de la région ainsi que des principaux responsables de sa gestion. Avec les régions, le gouvernement compte établir des partenariats sous forme de contrats-programmes afin d’agir plus efficacement par la définition d’objectifs et de délais de réalisations des projets.

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