Pour Neji Jalloul, le conflit entre islamistes et progressistes est révolu

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Dans une interview accordée à Shems FM, le directeur général de l'Institut Tunisien des Études Stratégiques et ancien ministre de l'Éducation, Neji Jalloul, a livré son analyse de la situation politique du pays, dénonçant une confusion dans le paysage politique principalement causée par les alliances inter-partis, qui dit-il, ne font qu'éloigner encore plus la société tunisienne de la politique.

"On a aujourd'hui des personnes qui sont au gouvernement, tout en ayant appartenu à un bloc parlementaire d'opposition. Ceci n'a aucun sens" s'est-il exclamé, qualifiant la scène politique actuelle de "dénuée de vision".

Jalloul a par ailleurs estimé que le conflit qui avait opposé les islamistes d'Ennahdha et les progressistes au lendemain de la révolution, est désormais "révolu", et qu'il s'est aujourd'hui transformé en une entente, soulignant que les "islamistes d'Ennahdha" ont fini par "accepter" la nouvelle constitution et le mode de gouvernance qu'elle implique.

Pour Neji Jalloul, le progressisme n'existe plus dans la classe politique tunisienne. Selon lui, on ne peut pas se proclamer progressiste si on n'apporte pas de réformes au banques publiques en faillite, ou encore au code du travail.

"Ceux qui sont contre la transformation numérique de la Tunisie par exemple, ne peuvent pas être considérés comme progressistes" a-t-il ajouté.

Jalloul considère par ailleurs que ceux qui se proclament progressistes aujourd'hui doivent perpétuer le projet Bourguibiste, qui, certes, exclue les islamistes, mais que ces derniers ont selon Jalloul, changé depuis.

Dans la même interview, Neji Jalloul est revenu sur les derniers chiffres publiés par l'ITES qui alertent sur la montée en puissance de la violence dans le milieu scolaire en Tunisie.

Neji Jalloul a été nommé directeur de l'Institut Tunisien des Études Stratégiques, le 12 septembre dernier, après qu'une passation entre lui et l'ancien directeur de l'institut Hatem Ben Salem, a été faite en présence de Selim Azzabi, directeur du cabinet du président de la République.

Nommé ministre de l'Éducation dans le gouvernement Essid le 06 février 2015, il gardera son portefeuille sous Youssef Chahed. Celui-ci le démettra cependant de ses fonction le 30 avril 2017 après de nombreuses manifestations du syndicat de l'enseignement secondaire demandant son éviction.

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