Fuite des cerveaux: 94 000 Tunisiens ont quitté la Tunisie en six ans selon l'OCDE

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Graduation hat with degree paper on a stack of book against blurred background | leolintang via Getty Images
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Attirés par des rémunérations bien plus importantes et des moyens bien plus sophistiqués, 94.000 Tunisiens ont quitté la Tunisie en six ans vers l'Europe, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cité par le journal "Al Chourouk" du 13 novembre 2017.

"La Tunisie perd ses compétences", annonce le titre. Une information qui fait froid dans le dos, impliquant des dégâts monstrueux sur le plan budgétaire que la Tunisie consacre à chaque étudiant: entre 5 et 10 mille dinars, selon la branche d'études. Une perte qui se compte donc en milliards de dinars du budget investi dans l'éducation.
Les meilleurs éléments choisissent de finir leurs études à l'étranger, 7% seulement choisissent de rentrer en Tunisie.

Par ailleurs, d’après les derniers résultats du concours annuel d’équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer en France, "près du tiers des lauréats portent des noms à consonance tunisienne" rapporte Jeune Afrique.

Jeunes et moins jeunes, parmi eux, des médecins, des juges, des professeurs universitaires, des chercheurs et des scientifiques, mais aussi des hommes et des femmes d'affaires qui, après leurs études en Tunisie, choisissent de s'envoler vers les pays développés, où des opportunités, plus intéressantes, les attendent.

Outre la rémunération, la Tunisie présente un autre point faible. C'est le budget consacré aux centres de recherche et qui ne permet pas aux jeunes tunisiens d'appliquer leurs compétences. Ils se dirigent donc vers les pays développés où leurs découvertes peuvent être valorisées.
D’après le rapport d’Arabe sur le Développement Humain (AHDR), publié le 1er décembre 2016, le taux de jeunes migrants tunisiens dont la tranche d’âge varie entre 15 et 29 ans est passé de 22% en 1995 à 76% en 2005.

Le rapport révèle qu’en 2010, le taux de chômeurs diplômés représente le double du taux moyen de chômage sur le plan national qui est de 13%. En 2013, le taux de chômage des Tunisiens diplômés a avoisiné les 33%. Selon la même source, le Canada, la Grande Bretagne et les États-Unis ont taillé la part du lion concernant les migrants qualifiés issus du monde arabe. Cela revient, en effet, à leurs stratégies qui encouragent la migration de travail.

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