Hakim Benchamas: "Nous refusons tout recul sur les engagements de l'Accord de Paris"

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Le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamas, et la présidente de l'Union interparlementaire (UIP), Gabriela Cuevas Barron. | Chambre des conseillers
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COP23 - L’union fait la force. Le Maroc vient de fédérer les efforts des parlements africains pour agir plus et mieux aux changements climatiques. Hakim Benchamas, président de la Chambre des conseillers, rentre à peine de Bonn où il a participé, le 12 novembre, à la réunion parlementaire de la 23e Conférence des parties à la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP23). Sa mission ne s’est pas limitée à conduire une délégation, mais à lancer un message au nom de tous les parlements du continent africain. "Les parlements d’Afrique refusent catégoriquement le recul sur les engagements de l’Accord de Paris", déclare au HuffPost Maroc Hakim Benchamas.

Et parmi ces engagements: le Fonds vert pour le climat (FVC) destiné à apporter une aide financière aux pays les moins avancés, plus particulièrement ceux de l’Afrique. Une collecte de 100 milliards de dollars devait alimenter ce Fonds, dont l’un des plus gros donateurs, les États-Unis, devait verser pas moins de trois milliards de dollars. Sauf qu’après l’arrivée du nouveau président Donald Trump, le pays de l’Oncle Sam, connu pour être le deuxième émetteur mondial de dioxyde de carbone (CO2) après la Chine, a décidé de se retirer.

Pourtant, cet instrument financier devait permettre de limiter les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts par des projets, notamment de promotion de l’énergie verte.

Les parlementaires africains ont donc lancé un appel unanime aux États et organisations donateurs, en particulier les pays riches, pour "remplir d'une manière urgente leurs obligations vis-à-vis du FVC comme mécanisme pour l'atteinte de l'objectif de transférer les crédits des pays riches vers les pays en voie de développement". Ils invitent également à injecter les fonds nécessaires pour mettre en œuvre des initiatives ciblées et réduire les effets des déséquilibres climatiques sur les peuples africains.

Cet appel a fait l’objet d’un consensus préalable des parlementaires africains, qui se sont retrouvés le 17 octobre dernier à Rabat dans le cadre de la Réunion parlementaire consultative africaine, un avant-Bonn-COP23. A l’issue de celle-ci, les présidents des parlements africains ont publié un document baptisé "Déclaration de Rabat". "Ce document représente la vision commune africaine concernant les défis auxquels fait face la COP23. A Bonn, j’ai présenté le contenu de cette déclaration et j’ai demandé à l'Union interparlementaire (UIP) à prendre en considération cette Déclaration de Rabat en tant que document de référence", indique Hakim Benchamas.

Dans ce document, les pays africains estiment que "le financement d'un plan stratégique de développement en Afrique est une question de réparation des dommages historiques et d'équité à même de conjurer les effets négatifs des déséquilibres climatiques sur le continent". Et de souligner que l’Afrique "n'est pas responsable de ces déséquilibres, puisque ne contribuant qu'à une part infime aux émissions de gaz à effet de serre, soit moins de 4% des émissions totales".

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