Yémen: poursuite du blocus malgré la réouverture du port d'Aden

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YEMEN PORT
A view of Yemen's rebel-held Red Sea port of Hodeida on November 7, 2017.Hodeida is a key entry point for United Nations aid to war-torn Yemen. / AFP PHOTO / ABDO HYDER (Photo credit should read ABDO HYDER/AFP/Getty Images) | ABDO HYDER via Getty Images
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La coalition menée par Ryad au Yémen bloque toujours l'arrivée de l'aide humanitaire, malgré une réouverture du port d'Aden (sud) et d'un point de passage terrestre, a annoncé l'ONU.

"Les mouvements humanitaires vers le Yémen restent bloqués", a déclaré vendredi Russell Geekie, un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

"La réouverture du port à Aden n'est pas suffisante. Nous devons voir levé le blocus de tous les ports, en particulier Hodeida, pour les importations à la fois humanitaires et commerciales", a-t-il poursuivi.

La coalition avait fermé lundi les frontières du Yémen en réponse à un tir de missile durant le week-end précédent par des rebelles houthis yéménites pro-iraniens, intercepté près de Ryad et condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires de l'ONU, Mark Lowcock, a évoqué cette semaine devant le Conseil le risque de "la plus grande famine" de ces dernières décennies, avec des "millions de victimes", si le blocus imposé par Ryad n'était pas levé.

Devant le tollé à l'ONU, la coalition a rouvert mercredi le port d'Aden, contrôlée par les forces gouvernementales pro-saoudiennes, puis jeudi le point de passage de Wadea à la frontière saoudo-yéménite. Mais selon M. Geekie, aucune aide n'a encore transité par Aden et la réouverture du point de passage de Wadea n'a pas eu d'impact sur les opérations de l'ONU.

Le port d'Hodeida, situé en territoire tenu par les rebelles, offre un accès-clef pour l'aide car il est plus proche de la majorité des populations qui en ont besoin.

La coalition accuse les rebelles d'utiliser des convois d'aide pour faire entrer des armes illégalement.

Avant le blocus, les agences humanitaires de l'ONU faisaient transiter leur aide en nourriture et médicaments via les ports de Hodeida, Al-Salif et Aden.

"Il ne peut y avoir aucune alternative au fait que ces ports puissent fonctionner complètement et recevoir de l'aide humanitaire ainsi qu'un trafic commercial", a insisté le porte-parole.

Pour l'ONU, le Yémen constitue la première des crises humanitaires mondiales, avec 17 millions de personnes nécessitant de l'aide alimentaire dont 7 millions risquent la famine.

Le blocus entrave également l'assainissement de l'eau et cela peut avoir un impact sur près de 6 millions de personnes vivant dans des districts à haut risque de choléra, selon la responsable de l'Unicef au Yémen, Merixtell Relano.

Entre le 27 avril et le 8 novembre 2017, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines.

L'Arabie saoudite et ses alliés sont intervenus au Yémen en mars 2015 pour mettre fin à la rébellion des Houthis et venir en aide aux forces pro-gouvernementales qui se sont regroupées dans le sud.

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