Karim Adduchi dévoile sa collection hommage à la femme berbère en collaboration avec des réfugiés syriens

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KARIM ADDUCHI
Team Peter Stigter.
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MODE - Toujours très inspiré par la culture berbère, le jeune créateur marocain Karim Adduchi a présenté, ce mercredi 8 novembre à Amsterdam, une nouvelle collection poétique qui se dévoile comme une ode à la femme berbère. Baptisée "She Has 99 Names" ("Elle a 99 noms"), sa nouvelle collection printemps-été 2018 (SS18) a été réalisée en collaboration avec des réfugiés syriens originaires d'Alep et des artisans marocains, russes et érythréens.

karim adduchi

Diplômé de la prestigieuse Gerrit Rietveld Academie d'Amsterdam - école où a également fait ses classes le designer Said Mahrouf - le jeune styliste, photographe et designer de 28 ans nous donne une nouvelle leçon de style et redéfinit l'esthétique féminine à sa façon.

A travers "She Has 99 Names", dévoilée lors d'un défilé mélodique à Amsterdam entre champs et violons, Karim rend hommage aux femmes qui ont marqué son enfance, quand il vivait à Imzouren, le village berbère qui l’a vu naître, dans le Rif marocain. Il met en lumière la complexité et la beauté de ces femmes chez qui se mêlent colère, tristesse et douceur. Il érige ainsi la femme en guerrière des temps modernes, à la fois indomptable et fragile.

karim adduchi

Au fil de ses créations, il raconte son histoire, celle d’un enfant du nord du Maroc, venu aux Pays-Bas, mais aussi celles de réfugiés et de migrants récemment installés à Amsterdam, qui l'ont aidé à réaliser cette collection. C’est aussi une façon, pour lui, de donner un espace de présentation au savoir-faire des artisans que nous n'avons pas l'occasion de voir sur les podiums.

Avec des tissus en laine tissés de manière traditionnelle à la main, l’artiste nous plonge dans le riche patrimoine marocain et nous montre toute son étendue. "Je veux faire revivre l'artisanat local et le transformer en un look contemporain", déclare Karim Adduchi dans un communiqué.

Bien qu’il ne soit pas politiquement engagé, le créateur essaie de retracer, à travers son art, les problèmes sociaux que vivent les migrants et les réfugiés, même s'il n'aime pas tellement ce titre de réfugié: "Je trouve ce mot très réducteur. Je travaille avec deux tailleurs syriens, un menuisier d'Alep et un brodeur érythréen, qui apportent toutes les compétences qui leurs sont propres", explique-t-il.

karim adduchi

Le processus de création était un melting pot de personnes venant d’horizons différents. "Nous avions un tailleur syrien qui découpait des motifs à une table, cinq Marocaines brodant et bavardant sur une autre, et un modèle à moitié nu, au centre... Un choc culturel total. Une vieille dame marocaine nous préparait un tajine de poulet, que nous avons mangés ensemble", se souvient Karim Adduchi en pensant à cette merveilleuse aventure créative.

Fruit de cette collaboration, une collection à l'élégance baignée d'émotion, qui prouve que le vivre ensemble est capable de créer de la beauté. En résulte un délicieux mélange des genres, entre tissus berbères, broderies russes et motifs syriens dans des découpes ultra-modernes, qui illustrent la complémentarité des cultures et la magie de la communion. Une collection chargée de nostalgie qui tisse des liens au-delà des frontières.

karim adduchi

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