Le Tunisia Investment Forum 2017, une occasion pour lever le voile sur les opportunités cachées de la Tunisie selon Khalil Laabidi

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Avec un programme riche, des panels et des workshops en phase avec l'actualité économique et des invités de marque, l'édition 2017 du forum de l'Investissement s'annonce fructueuse. Tout a été mis en oeuvre pour séduire les investisseurs venus des quatre coins du monde pour assister à ce rendez-vous économique incontournable. "Plus de 1500 participants, 430 étrangers qui se sont déplacés spécialement et 51 pays ont répondu présents" précise Khalil Laabidi, le directeur général de l'Agence de promotion de l'investissement extérieur (FIPA) dans une interview accordée à HuffPost Tunisie.

khalil laabidi

"Le Tunisia Investment Forum 2017, c'est un franc succès"

"Ce forum est l'une des plus anciennes fêtes économiques du pays", indique Laabidi. "C'est également une importante occasion de communication pour remettre la Tunisie sur le devant de la scène économique internationale" ajoute-t-il.

Sous le thème central "Nouvelle Tunisie, nouvelle vision économique," il est question pour des participants issus des milieux d’affaires locaux et d’entreprises étrangères venant d’Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'’Europe de rechercher les moyens d'améliorer le cadre des affaires en Tunisie.

"C'est très varié au niveau de la présence" d'entreprises étrangères réplique-t-il. Cette année, le forum a été marqué par la présences d'une délégation chinoise comptant 25 personnes, de la délégation américaine avec 11 personnes et le retour des britanniques qui sont venus nombreux. "Mais c'est l'Italie qui a amené la plus grande délégation", lance-t-il.

Cette présence diversifiée témoigne, en effet, de la l'importance de la Tunisie aux yeux des investisseurs étrangers. "À chaque fois que la Tunisie donne un rendez-vous, les investisseurs répondent présents" estime-t-il en ajoutant qu'ils sont très attentifs à ce qui se passe dans la pays. "C'est le pays des opportunités" poursuit-il.

La Tunisie, ce potentiel caché

Pour Khalil Laabidi, il n'y a aucun doute. "La Tunisie regorge de potentiel". Il est convaincu que la Tunisie est le pays "des opportunités, des opportunités cachées." "Il faut juste enlever la poussière" affirme-t-il. C’est sur ce potentiel qu’entend s’appuyer le pays. Selon lui, la Tunisie a les ingrédients nécessaires pour se faire une place dans le monde des affaires.

D'après lui, avec ses 3000 ans d'Histoire, la Tunisie est l'un des plus vieux pays de la Méditerranée. "Un pays ouvert depuis des générations" affirme-t-il en mettant l'accent sur ses traditions en matière de commerce et de tissage des relations avec l'étranger. "Elle est également au centre du monde. Si vous fermez les yeux et vous mettez votre doigt au centre de la carte du monde, il y'a une très forte chance que vous tombez sur la Tunisie" indique-t-il. "Cette position stratégique représente un atout majeur vu qu'elle est à la fois à la porte de l'Afrique et en face de l'Europe."

De par sa position géographique, la Tunisie est un vivier de talents. Il a démontré que les Tunisiens sont capables de prendre leurs destins en main et de réussir. Suffisamment d'atouts qui laisseront la Tunisie se transformer en hub technologique, industriel et financier, une sorte de plateforme montante de tout le continent africain. Il a souligné que des efforts ont été déployés notamment en matière de logistique, de diplomatie et de formation pour favoriser son élan et son intégration en Afrique.

Il a, également, passé en revue les nouveautés en matière d'incitation à l'investissement avec la promulgation du nouveau code d'investissement et de nouvelle loi favorisant le Partenariat Public-Privé.

Il a fait remarquer, ainsi, l'importance des atouts de la Tunisie et sa capacité à évoluer rapidement et ce en dépit des problèmes de lenteur administrative, de la bureaucratie, de la logistique et de la fiscalité.

Quant à la polémique suscitée par le projet de loi de Finances 2018, Laabidi a manifesté son optimisme et a indiqué que rien n'est encore joué. "C'est encore en stade de projet" martèle-t-il.

Un an après "Tunisia 2020", où en est-on?

Le "Tunisia Investment Forum" est également une occasion pour faire l'état des lieux des conventions et promesses faites lors de Tunisia 2020. Beaucoup de projets conçus lors de cet événement ont vu le jour. Laabidi a cité à titre d'exemple la construction d'une usine de construction de pick-up.

Il a évoqué, d'autre part, l'avancement dans le projet de Telnet avec Airbus Safran Launchers (leader de l’industrie spatiale européenne) pour développer une filière spatiale autour des microsatellites en Tunisie.

De nouveaux accords signés

Laabidi a affirmé, d'autre part, que de nouvelles conventions ont été signées dans le cadre du Tunisia Investment Forum 2017. "Il y'a eu une série de conventions de financement notamment avec la BAD, la BEI et la BERD, et ce dans différents secteurs tels que celui de la logistique et du transport".

La Banque Européenne d’Investissement (BEI) a signé une convention de financement d’un montant de 83 millions d’euros avec la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), et ce, pour soutenir la construction et la mise en service du nouveau Réseau ferroviaire rapide (RFR) suburbain de Tunis. Ce financement permettra également d'acquérir 28 nouvelles rames et construire de nouvelles infrastructures essentielles à ce réseau comme un centre d'entretien et des zones de stationnement supplémentaires aux gares terminus. Ce prêt sera remboursé sur 30 ans avec une période de grâce de 3 ans et un taux d’intérêt de 0,5%. Il est cofinancé par l’Agence française de développement (16 millions d’euros ) et la Banque allemande de coopération internationale (KFW) .

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Une autre convention a été, par ailleurs, signée avec la BAD pour favoriser le développement régional inclusif et développer les chaines de valeurs agricoles. Ce projet contribuera à améliorer les revenus et les conditions de vie des population rurales vivant dans les zones comptant parmi les moins favorisées du pays. Il ciblera 14 délégations du centre-ouest du pays, rattachées aux gouvernorats de Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid.

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La Banque Mondiale (BM) déboursera à son tour, à partir de janvier 2018, le financement de 100 Millions de dollars (plus de 250 millions de dinars) pour la mise en œuvre d’un projet de développement des zones forestières et des paysages dans les régions internes.

Les awards, un clin d'oeil pour les entreprises étrangères qui ont réussi en Tunisie

Le Tunisia Investment Forum c'est également une occasion pour féliciter les efforts des entreprises étrangères qui oeuvrent en Tunisie. En tout, sept awards ont été distribués aux entreprises performantes en signe de reconnaissance de leur contribution dans le renforcement des liens de partenariat entre leurs pays de provenance et la Tunisie. "Ce sont les meilleures entreprises étrangères qui ont connu une excellente performance au niveau d'emploi, de technologie, d'innovation et de taille de l'investissement. Des awards ont été également offerts aux nouveaux investisseurs étrangers ainsi qu'à la meilleure compétence tunisienne à l'étranger," précise Laabidi.

fipa awards

"De là sortiront beaucoup de projets"

Revenant sur les attentes de la FIPA de cette édition 2017, Khalil Laabidi a noté que l'objectif majeur de cet événement est de faire rayonner la Tunisie et promouvoir son image aux yeux des investisseurs étrangers. Exposer ses atouts et dévoiler son potentiel afin d'attirer de nouveaux investisseurs étrangers est parmi les priorités de ce forum. Pendant quarante-huit heures, il est question pour les entreprises, de nouer et de renforcer les partenariats d’affaires à travers des rencontres professionnelles.
Une cinquantaine de rencontres BtoB et des Joint-ventures sont prévues entre tunisiens et étrangers. "De là sortiront beaucoup de projets, et quelques mois après on verra ce qu'il en résultera" conclut-t-il.

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