Le prix L'Oréal for Women in Science veut "inspirer les femmes maghrébines"

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FEMMES - Jeudi 9 novembre, l'Institut français de Casablanca accueillait la 4e édition du Prix L'Oréal for Women in Science au Maghreb. Cette récompense a pour objectif "de reconnaître et de récompenser des femmes scientifiques du monde entier", explique L'Oréal dans un communiqué.

"Chez L'Oréal, la beauté est au coeur de notre métier et c'est la science qui nous permet de la sublimer, il y a donc pour nous une logique de fusionner la science et les femmes dans l'univers de beauté qui est le nôtre", explique au HuffPost Maroc Philippe Raffray, directeur général de L'Oréal Maroc.

Le programme, présent dans 115 pays, existe au Maroc depuis 2007 mais a pris en 2014 une "dimension régionale", couvrant désormais les quatre pays du Maghreb: la Tunisie, le Maroc, l'Algérie et la Libye. Cette année, ce sont cinq chercheuses qui ont remporté le prix, accompagné d'une bourse de 10.000 euros. Une manne financière significative pour ces chercheuses souvent en manque de moyens financiers.

Le jury, présidé par le professeur Abdelaziz Benjouad, a récompensé jeudi soir deux Marocaines, Hanaa Zbakh et Fatima Zahra Idrissi Janati, deux Tunisiennes, Amel Benanes et Ibtissem Guefrachi, et une Algérienne, Nawel Zaatout.

Des candidates qui ont, selon le président du jury, "démontré leur capacité à faire des recherches et développer des thématiques qui leurs permettent de s'épanouir d'avantage".

Servir de modèles aux jeunes filles

Les lauréates, comme les jurés, ont insisté sur le fait que les femmes scientifiques doivent d'abord "croire en elles-mêmes", un thème souvent répété au cours de la cérémonie. "Pour éliminer les stéréotypes, il est nécessaire de donner une grande visibilité des femmes en sciences, il est également recommandé d'inspirer des jeunes filles", déclare le professeur Rajaa Cherkaoui El Moursli, une des membres du jury de cette édition lors du discours de clôture.

Pour cette dernière, "les découvertes en laboratoires nécessitent de l'audace et de la création; faire carrière dans la recherche tout en élevant des enfants n'est pas facile, et pour mener les deux de front, il faut s'accrocher, et ne laisser aucun obstacle se mettre entre vous et vos rêves", préconise-t-elle.

"Cette bourse valorise les femmes vis-à-vis de leur entourage" déclare-t-elle au HuffPost Maroc. Cette dernière regrette cependant que cette année, il y ait eu "peu de mathématiciennes et physiciennes", un manque qui, elle espère, sera comblé l'an prochain.

Les membres du jury souhaitent également attirer plus de candidates algériennes: "l'Algérie a peu de candidatures en ce moment", explique au HuffPost Maroc le président du jury Abdelaziz Benjouad. Si le prix est destiné à l'ensemble du Maghreb, on note aussi l'absence de la Libye. "Nous n'avons pas de candidates en raison notamment de la situation actuelle du pays" explique M. Benjouad. L'Oréal a néanmoins toujours pour ambition de faire connaître ce prix dans ce pays.

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Quand les chercheuses cherchent aussi un financement

Pour les boursières du concours, au delà de la reconnaissance et de la motivation apportées par ce prix, la bourse accordée leur retire également un poids financier. "Ce n'est pas évident de faire de la recherche au Maroc, il y a des contraintes au niveau du financement et des équipements. J'ai été par exemple obligée de partir à l'étranger à mes charges", explique au HuffPost Maroc Fatima Zahra Idrissi Janati, une des lauréates marocaines.

La jeune chercheuse travaille sur la valorisation des huiles essentielles comme modèle de bio ressources applicable en industrie cosmétique et alimentaire.

Elle a découvert l'existence du prix L'Oréal alors qu'elle cherchait de l'argent pour financer ses recherches. "Pour mes travaux, j'ai besoin de me déplacer, de participer à des congrès, il me faut une source de financement", explique-t-elle. Pour la chercheuse, ce prix est une "reconnaissance de mes travaux" ainsi qu'une motivation supplémentaire. "Je vais en profiter pour publier plus d'articles scientifiques".

Malgré les difficultés que peuvent rencontrer ces jeunes chercheuses, le professeur Rajaa Cherkaoui El Moursli insiste: "rien n'est facile, rien n'est impossible".

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