Harcèlement de rue: "Zanka bla violence" vous met à la place des victimes dans une expérience multi-sensorielle

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Amr Dalsh / Reuters
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HARCÈLEMENT DE RUE - Sensibiliser au harcèlement de rue à travers l'art: c'est le défi que se lance le collectif "Zanka bla violence" (rue sans violence) en partenariat avec l'ONU Femmes dans le cadre du programme "Men and women for gender equality" (hommes et femmes pour l'égalité des genres) et d'une campagne de 16 jours d'activisme contre la violence à l'égard des femmes au Maroc.

"Zanka bla violence" est un collectif tout juste créé par trois comédiens: Béatriz Villanueva, Monsef Kabri et Soufiane Guerraoui. Ils s'intéressent depuis un moment au harcèlement de rue, un phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur dans notre société et ponctue le quotidien de nombreuses femmes. En tant qu'artistes, ils espèrent que l'art puisse être un vecteur de changement des mentalités à ce sujet. Trop ambitieux? "Il faut bien commencer quelque part", se défend Beatriz Villanueva.

Sons, images, vidéos, objets interactifs...

Tous les trois ont travaillé sur un projet d'installation interactive et multi-sensorielle, baptisé "Zanka Lab", qu'ils présenteront ce samedi 11 novembre à l'Institut français de Rabat. Hommes et femmes de tous âges sont invités à participer à une expérience sociale qui permettra de "vivre, revivre ou sentir le harcèlement sexuel dans un espace expérimental".

Des groupes de 4 à 5 personnes pénétreront dans un box noir. Sons, images, vidéos, objets interactifs... Les sens seront sollicités et en alerte afin de se mettre à la place des victimes et se questionner sur le vécu de millions de femmes dans les rues. "Le but de cette installation est d'interpeller le public à travers différentes étapes. On essaye tout de même de viser un public jeune, car informer et sensibiliser la jeunesse, c'est travailler sur l'avenir" détaille Beatriz Villanueva.

ONU Femmes et Oxfam accompagnent ce projet et ont fourni au collectif des données et études chiffrées très détaillées. "Les gens sont en général très mal renseignés sur les chiffres. On va en utiliser afin d'avoir un réel impact mais je ne veux pas trop en dire, on préfère garder l'effet de surprise" poursuit la comédienne. Des statistiques alarmantes et des chiffres conséquents qui seront des repères et un point de départ de cette installation artistique.

Déconstruire les clichés

À l'issue de cette expérience, un espace de prise de parole sera mis à disposition du public qui pourra répondre à un petit questionnaire, détailler son ressenti face à une caméra ou simplement s'exprimer par un dessin. Les témoignages recueillis seront détournés par Zanka Lab en pièce de théâtre-forum, qui soulèvera la problématique suivante: "comment l'expression artistique peut contribuer à déconstruire les normes sociales nocives qui perpétuent les violences à l'encontre des femmes?" Elle sera présentée le 25 novembre prochain à l'Institut français de Rabat dans le cadre de la journée Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Cette pièce participative invitera le public à débattre sur scène et déconstruire les idées reçues véhiculées. "Que portait cette femme comme vêtements lorsqu'elle s'est faite agresser?" Une question qui revient de manière très récurrente et spontanée dans les cas d'agression à l'encontre des femmes. "Il faut combattre ce genre de réactions. Nous inviterons le public à proposer des solutions, à débattre sur le manque de réactivité face à la violence de manière très libre" explique Beatriz Villanueva.

Une initiative, jusque-là inédite au Maroc, qui sera le point de départ d'une tournée nationale dans plusieurs villes du Royaume (Tanger, Fès, Casablanca, Rabat et Marrakech) pour une vaste campagne de sensibilisation et de mobilisation auprès des citoyens et citoyennes. Un camion-théâtre de Zanka Lab, prêté par le collectif "Spectacle pour tous", sillonnera ces villes et se posera dans des endroits à forte affluence pour toucher un maximum de personnes.

Le 11 novembre 2017 à partir de 14 heures, salle Jacques Tati de l’Institut français de Rabat. Entrée gratuite sur inscription à zankablaviolence@gmail.com

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