Rabat: Après une deuxième intoxication alimentaire, les étudiants de l'INSEA en grève

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ECOLE - C’est un calvaire. Les étudiants de l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSEA) à Rabat qualifient ainsi leur quotidien au sein de cet établissement. "Rien ne change, tout empire", regrette le président de l’Association des étudiants de l’INSEA, Yassine Sabhi, élève ingénieur en troisième année.

Au début de cette semaine, plus de 30 étudiants de l’INSEA ont été victimes d’une intoxication alimentaire après avoir pris leur repas, dimanche dernier, à la cantine de l’établissement. L'association, qui les représente, a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu’une vingtaine d’entre eux s’est retrouvée aux urgences du CHU Ibn Sina de Rabat.

Douleurs au ventre, fièvre, vomissements, frissonnements et diarrhées, des symptômes que les étudiants reconnaissent désormais plus facilement, car ce n’est pas la première fois qu’ils y font face. "C’est la deuxième fois que survient une intoxication collective à l’INSEA à cause des repas qu’on nous sert et dont la préparation est confiée à une société privée. La première remonte à la fin du mois de ramadan dernier, et elle a coïncidé avec la période des préparatifs aux examens de rattrapage", explique au HuffPost Maroc Yassine Sabhi.

Cette nouvelle intoxication survient, elle aussi, à un moment de préparation des examens. "Nous observerons une grève demain. Elle coïncidera avec le début de la période des examens", souligne le président de l’association. La grève à laquelle la grande majorité des étudiants de tout l’INSEA compte participer boycottera donc le premier jour de l’examen.

Un débrayage qui n'est pas le premier non plus. Yassine Sabhi parle d'une moyenne de 40 grèves par an face à une attente qui se prolonge. "Nous avons demandé un dialogue avec la direction mais celle-ci nous a demandé de patienter au 20 novembre. Pour nous, il s'agit de questions vitales qui ne peuvent certainement pas attendre", dit-il. Porte-parole des étudiants, il précise que les conditions de vie les plus élémentaires ne sont pas assurées.

"Aujourd’hui, une équipe de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a fait le déplacement à l’INSEA et a prélevé des échantillons d’un repas témoin pour des analyses. Nous connaîtrons les résultats dans une semaine", indique Yassine Sabhi.

Faisant allusion à un rapport dressé par le ministère de la Santé, l’Association des étudiants précise que la première intoxication était liée à une bactérie intestinale "Escherichia coli". "Ce rapport a montré un manque d’hygiène dans la préparation des repas qu’on sert aux étudiants mais aucune sanction n’a été prise à l’encontre de la société privée", souligne l’association estimant que ce mutisme est "une violation de la dignité des étudiants".

L’association revendique une révision des termes de l’accord liant la direction de l’INSEA à la société chargée de la restauration, l’accélération de l’opération d’assurance, et l’évaluation des dégâts pour indemniser les étudiants victimes d'intoxication. "Nous refusons désormais tous les repas qu’on nous sert jusqu’à ce que nos revendications soient prises en compte", indique l’association.

Le HuffPost Maroc a tenté de contacter à plusieurs reprises l’établissement en question, mais sans succès. En attendant que la crise de l'INSEA soit désamorcée, les élèves ont lancé un hashtag sur les réseaux sociaux: #insea_agonise.

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