Pour 79% des Tunisiens, être un bon citoyen c'est payer ses impôts selon une étude de Mourakiboun

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Le réseau Mourakiboun a publié jeudi, une étude sur la perception des citoyens de la représentativité politique et sur les élections locales réalisée en collaboration avec l’institut d’étude "one to one" et l’organisation Heinrich Böll Stiftung.

Selon cette étude, 64,3% des personnes interrogées estiment que la Tunisie prend la mauvaise voie. Seulement 25% pensent que la Tunisie est sur la bonne voie.

Si plus de 77% des tunisiens interrogés estiment que la situation sécuritaire est satisfaisante, ils ne sont que 25% à trouver satisfaisante la situation politique. Pire encore, moins d'un tunisien sur quatre pense que la situation économique est satisfaisante.

afg

Que pensent les Tunisiens de la politique?

Plus de 42% des personnes interrogées semblent s’intéresser à la vie politique en Tunisie face à 40,3% qui ne s’intéressent pas du tout à ce qui se passe au niveau du paysage politique tunisien. Selon la même étude, plus de 56% des Tunisiens n’ont pas du tout confiance en les partis politiques. 5% seulement ont beaucoup de confiance, 14% ont une confiance moyenne et 10% ont peu de confiance dans les partis politiques.

Le Tunisien et les élections municipales

Plus de 60% des Tunisiens comptent voter durant les prochaines élections municipales prévues pour mars 2018.

Selon cette étude, plus de 32% des Tunisiens ne comptent pas voter durant les élections régionales et 6,7% ne se sont pas encore décidés. De ceux qui ne vont pas voter, presque 30% pensent que les élections ne vont rien changer et 25,5% n’ont pas confiance en les politiciens.

Cependant, 16,3% ne voteront pas pour manque d’information et "difficulté" de l'opération électorale.

Sur les intentions de vote, plus de 49% des électeurs comptent voter pour des listes d’indépendants face à 27% qui comptent voter pour des listes partisanes.

Plus de 57% pensent que le candidat aux municipales doit connaitre la région et la réalité vécue par les habitants et 46% pensent qu’il doit disposer d’un bon programme électoral pour la région.

Néanmoins, 12% des interviewés estiment que le candidat aux municipales doit avoir de l’argent et 10% seulement pensent qu’il doit être une femme. Plus de 76% des Tunisiens acceptent que le président de leur municipalité soit une femme.

Plus de 73% acceptent que leur candidat soit âgé de moins de 35 ans et 60% acceptent qu’il ait un handicap physique. Plus de 17% des Tunisiens acceptent qu’il soit un extrémiste religieux et 16% seulement acceptent qu’il ait plus de 70 ans.

Plus de 57% des Tunisiens pensent, par ailleurs, que les élections municipales changeront pour le mieux la situation, 2,6% pour le pire et plus de 28% pensent qu'elles ne changeront rien.

Le Tunisien et la citoyenneté

Pour les Tunisiens, un bon citoyen dans un pays démocratique doit payer ses impôts. En effet, selon l’étude, 79% des recensés pensent que le Tunisien doit payer ses impôts afin d’être un bon citoyen. 72% pensent qu’il doit participer aux élections et 43% pensent qu’il doit protester contre les décisions qu’il n’accepte pas.

Plus de 90% des Tunisiens acceptent de payer des amendes pour avoir déposé les ordures ménagères dans les lieux publics. 77% sont prêt à payer plus d’impôt pour garantir plus de propreté dans les zones où ils habitent contre 20% qui refuseront de le faire.

Plus de 73% affirment qu’ils dénonceront un fonctionnaire de la municipalité en cas de malversation. Mais, 48% de l’échantillon seulement sont prêts à dénoncer un voisin pour construction sans autorisation.

L’étude a également démontré que presque 70% des Tunisiens ne sont pas au courant de la nouvelle répartition territoriale des municipalités. Plus de 77% ne connaissent pas les nouvelles prérogatives et responsabilités des municipalités. Plus de la moitié de l’échantillon acceptent de donner plus d’indépendance et de moyen financier aux municipalités.

Méthodologie

L'étude est étude quantitative faite sur un échantillon de 10.032 citoyens tunisiens de plus de 18 ans dans la période s’étalant du 28 juin au 28 aout 2017. Le contexte de l’étude a été marqué par le report des élections régionales, la démission du président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) et une instabilité politique et économique, affirme Mohamed Marzouk, vice-président de Mourakiboun dans une déclaration aux médias. Selon lui, cette étude a démontré que d’une part, le Tunisien manque d’information sur les élections municipales et le paysage politique mais qu’il a, d’une autre part, l’intention de voter.

L’échantillon pour effectuer ce sondage est formé de citoyens de 24 gouvernorats, 260 délégations et 749 localités. 30,7% des personnes interrogées ont un niveau d’étude primaire, 27,2% ont fait des études secondaires et 16,7% ont fait des études supérieures. 14,2% ne sont jamais allés à l’école.

Les tranches d’âge des questionnés varient entre 18 et 24 ans (9,6%), 25 et 34 ans (17,7%), 35 et 44 ans (24,5%), 45 et 54 ans (22,1%), 55 et 65 ans (14,9%) et plus de 65 ans (10,7%). 67,8% de l’échantillon habitent dans des zones urbaines et 32,2% viennent de milieux ruraux. 42 % d’entre eux ont un salaire de moins de 600 dinars. Plus de 31% de l’échantillon sont des ouvriers, agriculteurs et commerçants. Les fonctionnaires administratifs et les hauts cadres ne dépassent pas les 14% de l’échantillon. Plus de 10% de l’échantillon est formé de chômeurs alors que 31% sont des femmes au foyer.

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