Ryad se veut rassurant sur l'économie malgré l'arrestation d'hommes d'affaires

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SAUDI ARABIA
Bloomberg via Getty Images
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L'Arabie saoudite cherche à apaiser les craintes des investisseurs en assurant que la purge anticorruption d'une ampleur sans précédent n'affecterait pas les entreprises, même si plusieurs hommes d'affaires figurent sur la liste des personnalités arrêtées.

Le profil de nombreuses personnalités concernées par la vague d'arrestations, comme le célèbre prince milliardaire Al-Walid ben Talal, a laissé perplexe plus d'un investisseur.

La question qui se pose: pourquoi le royaume a-t-il lancé une telle purge au moment où il est embarqué dans un vaste programme de réformes économiques et qu'il a, plus que jamais, besoin d'investissements ?

Des dizaines de personnalités de premier plan, dont des princes, des ministres, d'anciens ministres et des hauts responsables, ont été arrêtés le weekend dernier.

La nouvelle a fait trembler mardi la Bourse de Ryad et d'autres places du Golfe, fait vaciller les certitudes des entrepreneurs et éveillé les risques de fuites de capitaux, selon des experts.

Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l'État.

Mardi soir, la Saudi Arabian Investment Authority (SAGIA), organisme chargé d'attirer les investissements, et dont l'ancien patron, Amr Dabbagh, est parmi les personnalités arrêtées, a affirmé que la purge aiderait à "créer un meilleur environnement pour les affaires".

"Il convient de préciser que ce sont les comptes individuels (des personnes concernées) qui ont été suspendus, jusqu'à ce que des décisions de justice définitives soient rendues, et non les comptes des entreprises", a déclaré pour sa part Ahmed Abdulkarim AlKholifey, gouverneur de la Banque centrale.

"En d'autres termes, l'activité des entreprises n'est pas touchée", a-t-il indiqué, ajoutant qu'il n'y avait pas de restrictions sur les transferts d'argent par les canaux bancaires légaux.

Par ailleurs, le ministre saoudien du Commerce, Majed al-Qassabi, a assuré que les entreprises, y compris celles des personnes arrêtées, bénéficieraient d'une "protection totale" en vertu de la loi.

- Bénéfique à long terme -

La purge, une initiative courageuse mais risquée, est venue confirmer le pouvoir du prince héritier, Mohammed ben Salmane qui a par la même occasion renforcé son emprise sur les services de sécurité en écartant de la direction de la Garde nationale, le prince Metab ben Abdallah, ancien prétendant au trône.

"L'opération est un autre signe de la démarche du prince Mohammed (32 ans) consistant à consolider son pouvoir avant une possible abdication de son père" le roi Salmane (81 ans), a noté le centres d'études Capital Economics.

"Cela risque à court terme de porter un coup à l'économie et de renforcer l'opposition au prince Mohammed au sein de la famille royale, des milieux d'affaires et des religieux, ce qui pourrait nuire au plan de réformes Vision 2030", a ajouté ce centre.

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