Plusieurs personnalités évoquent leurs craintes d'une instrumentalisation de la Justice dans une lettre ouverte adressée au Conseil Supérieur de la Magistrature

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CONSTITUTION JUSTICE
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Plusieurs personnalités ont signé mardi, une lettre ouverte adressée au Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) Hatem Ben Khelifa, y exprimant leurs craintes et inquiétudes vis-à-vis de l'instrumentalisation de la justice et du non respect des droits et libertés des justiciables.

Rappelant au CSM, les batailles de la société civile lors de la rédaction de la Constitution pour mettre en exergue l'indépendance de la justice, dont le Conseil "est le garant", les signataires affirment que "les choses ont évolué d'une façon inquiétante laissant le citoyen tunisien s'interroger sur l'indépendance de la justice".

Parmi les reproches des signataires de cette lettre ouverte, l'absence de sanctions "56 mois après" qu'un crime politique ait été commis en référence à l'assassinat de Chokri Belaïd, mais également les multiples "atteintes aux droits de la défense" dans de nombreuses affaires.

"Quand les citoyens ont peur de passer devant le tribunal de peur d'être victimes de ces dérives, il ne faut pas s'étonner qu'il n'ait plus confiance en la justice" prévient la lettre ouverte qui appelle les magistrats à ne plus être "le bras judiciaire des forces de l'ordre" mais celui "des droits et des libertés pour les citoyens".

Rappelant l'article 108 de la Constitution qui dispose que "Toute personne a le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable, les justiciables sont égaux devant la justice. Le droit d’ester en justice et le droit de la défense sont des droits garantis (...)", les signataires appellent les magistrats à faire preuve d'indépendance indiquant refuser "un gouvernement des juges" ou "un gouvernement de policiers".

Parmi les signataires de cette lettre ouverte figurent entre autres la constituante et militante politique Nadia Chaabane, le militant politique Salah Zeghidi, l'écrivain et philosophe Youssef Seddik, l'historien Adel Ltifi ou encore l'universitaire Raja Ben Slama.

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