Après la vidéo de l'agression à Ouarzazate, les enseignants en grève les 8 et 9 novembre

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DEMONSTRATION MOROCCO
Youssef Boudlal / Reuters
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GRÈVE - "La dignité en premier". C’est le slogan que les fédérations de l’enseignement des trois syndicats UMT, UGTM et UNTM ont choisi pour décréter une grève nationale.

Face à l’agression de l’enseignant d’histoire-géographie au lycée Sidi Daoud à Ouarzazate, gravée dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, les syndicats s’insurgent pour "la dignité du corps enseignant". Ils ont décrété les 8 et 9 novembre jours de grève nationale. "Nous dénonçons ce que cet enseignant a subi et nous considérons que son agression touche tout le corps enseignant de l’école publique", expliquent les syndicats dans un communiqué publié hier.

Cette grève sera marquée par la tenue de sit-in devant les délégations régionales, demain, et d’autres au sein des établissements scolaires à l’heure des pauses, dès aujourd’hui. Pour les syndicats, cette agression représente "le résultat logique" du "discours officiel méprisant le corps enseignant et son rôle au sein de la société". Un contexte dans lequel, préviennent-ils, "s’intensifie la crise sociale, professionnelle, administrative et éducative des enseignants".

Refusant que "ce contexte" se poursuive ainsi, les trois syndicats expriment leur solidarité avec l’enseignant victime notamment si ce dernier décide de porter plainte auprès de la justice.

"Il est temps de revoir les lois"

Ils soutiennent, par ailleurs, que "le droit à l’enseignement" sert d’argument pour "légitimer des lois et des règlements qui ne permettent pas au corps enseignant de prendre des initiatives à même de réagir à ce genre de situation". Pour ces syndicats, il est temps "de revoir les lois" afin de préserver la sécurité de l’enseignant et "d’être plus strict face à ces agressions répétitives à l’encontre des femmes et des hommes du corps enseignant".

Pour le moment, si la vidéo de l’agression n’a pas encore fait l’objet d’une plainte ni de la victime, ni de l’établissement scolaire, elle a, toutefois, alerté les services de sûreté qui ont ouvert une enquête.

L’élève à l’origine de l’agression a ainsi été arrêté, hier dimanche. Une information donnée par la police préfectorale de Ouarzazate, relayée par la MAP. Dans un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a aussi précisé que "les services de sûreté ont réagi avec sérieux et célérité après la publication, samedi sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant un enseignant en train de subir une violence physique de la part d’un élève, âgé de 17 ans".

L’enquête ouverte, conformément aux instructions du parquet compétent, devra bientôt sceller le sort de cet élève qui s’est attiré les foudres des internautes à l’unanimité, ce week-end.

La vidéo en question montre une dispute dans une salle de classe entre le professeur et l’élève. Une dispute où la violence physique monte d’un cran faisant réagir certains élèves dans la volonté d’intervenir pour y mettre un terme. Rien n’empêchera, toutefois, l’élève d’assener plusieurs coups violents à son professeur.

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