Des associations appellent au boycott d'un film du réalisateur Zied Douiri, qualifié de "pro-Israël"

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Dans une lettre ouverte destinée au directeur général des Journées Cinématographiques de Carthage, la campagne tunisienne du boycott et de l’opposition à la normalisation avec l’entité sioniste a appelé à boycotter le film "ﺍﻟﻘﻀﻴﺔ 23" (littéralement L'affaire 23, nom anglais "The Insult") en raison des supposées relations "étroites" de son réalisateur Zied Douiri, avec l'Etat d’Israël.

Dans son intervention téléphonique sur Shems FM, le porte-parole de la campagne, Ghassen Ben Khelifa, a souligné qu'il n'a pas vraiment de problèmes avec le film dans son contenu, mais avec son réalisateur Zied Douiri qui, dit-il, considère quel l'État d’Israël est un État légitime avec lequel on peut entretenir des échanges quels qu'ils soient.

Sur la question de laisser ou non le libre arbitre au spectateur de décider de regarder le film en question ou pas, Ben Khelifa a répondu qu'il faut d'abord se mettre d'accord si oui ou non Israël est considéré comme un État ennemi de la Tunisie. La réponse à cette question permettrait, selon Ben Khelifa, de clarifier les lois régissant la normalisation avec l'entité sioniste et ainsi éviter d'entrer dans ce genre de débat dans le futur.

Après être revenu sur les anciennes polémiques notamment celle du film "Wonder Woman", ou encore celle du spectacle du franco-tunisien Michel Boujenah, la campagne a réitéré, dans sa lettre, sa lutte contre la normalisation avec l'entité sioniste, appelant par l'occasion à une protestation en vue d'empêcher la projection du film en question le 08 novembre 2017, et invitant toutes les organisations, les partis, et les personnalités nationales et progressistes à participer à cette manifestation pour "lutter contre l'influence grandissante du lobby sioniste en Tunisie" lit-on dans la lettre.

Dans le même contexte, le cinéaste Saïd Ben Saïd s’est exprimé dans une tribune au journal français Le Monde, dans laquelle il a affirmé qu'il avait appris qu’il ne pouvait plus présider le jury des journées cinématographiques de Carthage car on lui reprochait d’avoir produit des films en Israël.

"J’ai reçu au début du mois d’août une invitation pour présider le jury des journées cinématographiques de Carthage.
J’ai accepté très chaleureusement la proposition mais, lorsque le délégué général, M. Nejib Ayed, a appris que je produisais le prochain film du cinéaste israélien Nadav Lapid et que j’avais fait partie du jury du dernier festival de Jérusalem, il m’a demandé un délai de réflexion de vingt-quatre heures et ne m’a plus donné signe de vie" a-t-il écrit

Ben Saïd estime par ailleurs que le monde arabe est, dans sa majorité, antisémite. Selon lui, cette haine des juifs a redoublé d’intensité non seulement avec le conflit israélo-arabe, mais aussi avec la "montée en puissance d’une certaine vision de l’islam".

Le cinéaste tunisien a également estimé que l'antisémitisme des Arabes aujourd'hui est le même que l'ancien antisémitisme européen. Un antisémitisme nourri, selon lui, par une "lecture littérale du coran".

Lire aussi
Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.