Yassine Brahim: "Il faut voir Ennahdha dans l'opposition pour qu'on puisse croire à son vrai changement"

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YASSINE BRAHIM
Tunisia's Investment Minister Yassine Brahim speaks with Reuters journalists in Tunis, Tunisia, October 28, 2015. Tunisia hopes to double annual inflows of foreign investment over the next five years by pushing through legal reforms and reducing industrial unrest, Brahim said. To match Reuters Summit TUNISIA-INVESTMENT/ Picture taken October 28, 2015. REUTERS/Zoubeir Souissi | Zoubeir Souissi / Reuters
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Selon le président d'Afek Tounes, Yassine Brahim, le consensus entre Nidaa Tounes et Ennahdha n'est qu'une illusion. Il a estimé que cette expérience politique a "lourdement échoué" et ne peut plus faire l'objet de confiance en arguant que les idéologies des deux rivaux convergent. "La famille politique civile moderniste a une vision de la société totalement contraire à la vision que défend l'islam politique"a-t-il noté lors d’un meeting organisé ce dimanche dans la délégation de Douar Hicher (La Manouba), où son parti a inauguré un bureau local dans la région.

Brahim a fortement critiqué ce consensus politique en pointant du doigt la stratégie du mouvement Ennahdha qui a vite basculé d'un parti à forte connotation religieuse à un parti purement politique. "On ne peut pas changer du jour au lendemain" a-t-il martelé. On ne peut pas croire qu’Ennahdha ait changé aussi rapidement en un parti "civil" comme elle le laisse entendre sauf si elle se range dans les rangs de l’opposition pendant cinq ans au moins, a-t-il encore soutenu. D’après lui, les Tunisiens pourront alors vérifier la sincérité du parti et apprécier ses pratiques en tant que parti civil de l’opposition.

Il a, par ailleurs, rappelé les opérations terroristes, les assassinats et les incidents de violence qui ont menacé la sécurité des Tunisiens et le processus démocratique durant la période de la Troïka et dont “les responsables n’ont pas rendu de comptes”. Il a critiqué, par ailleurs, le laxisme d'Ennahdha face à la violence. "Ennahdha devrait prouver qu'il a renoncé à la violence à travers sa présence dans l'opposition et ensuite on peut dire que le mouvement est devenu un vrai parti politique", a-t-il dit.

Le dirigeant d'Afek a souligné la nécessité de mettre Ennahdha à l'épreuve pour prouver son réel changement. “Les élections municipales seront l’occasion de trancher et celles de 2019 seront décisives”, a-t-il affirmé en appelant les Tunisiens à choisir le meilleur conformément aux critères de probité, de responsabilité, de mains propres et d’aptitude à restaurer la confiance. "Il faut penser à choisir 'une famille civile' prête à servir les citoyens et non à servir ses propres intérêts" a-t-il conclu.

Composé des blocs parlementaires d' El Watan, de Machrou Tounes, d'Afek Tounes et d'autres députés indépendants, un front parlementaire s'apprête à se lancer. Ayant pour but principal de faire le contrepoids de l'alliance Ennahdha et Nidaa, ce nouveau bloc envisage l’unification des positions et des visions des députés et blocs démocratiques et du centre en vue d’élaborer les lois sur les grandes réformes.

De son côté, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, avait qualifié la tentative de formation d’un front parlementaire de “nouvelle tentative de marginalisation et d'éradication visant Ennahdha”. “C’est un projet oiseux qui n’apportera rien de nouveau aux Tunisiens”, avait-t-il estimé.

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