"Paradise Papers": des membres des entourages de Trump, Trudeau et Elizabeth II mis en cause par 95 médias

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TRUDEAU TRUMP
U.S. President Donald Trump welcomes Canada's Prime Minister Justin Trudeau on the South Lawn before their meeting about the NAFTA trade agreement at the White House in Washington, U.S. October 11, 2017. REUTERS/Jonathan Ernst | Jonathan Ernst / Reuters
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PARADISE PAPERS - Dix-huit mois après l'enquête sur les Panama Papers, le Consortium international des journalistes d'investigation, en partenariat avec plusieurs médias français comme Le Monde et Franceinfo, récidive avec les "Paradise Papers". Et cette fois, ce sont les noms de proches de Justin Trudeau, Donald Trump mais aussi Elizabeth II qui ressortent dans la première série de révélations.

Les "Paradise Papers" sont le fruit d'une fuite de données du cabinet de conseil britannique Appleby, spécialisés dans les montages off-shores. Toutefois, à la différence des Panama Papers qui mettaient en lumière un système illégal, les premiers Paradise Papers dévoilés ce dimanche 5 novembre parlent de montages sophistiqués mais légaux qui relèvent plus de l'optimisation fiscale que de la fraude, mais qui interrogent davantage sur la moralité des personnalités concernées.

Wilbur Ross, secrétaire d'état au commerce américain

Parmi les premiers noms à faire surface ce dimanche 5 novembre, se trouve celui de Wilbur Ross, actuel secrétaire américain du commerce de Donald Trump. Lors de sa nomination, l'homme d'affaire a cédé 80 de ses sociétés, dans le but d'éviter tout conflit d'intérêt avec son nouveau poste. Il a cependant gardé le contrôle d'une entreprise de transport maritime "Navigator Holdings Ltd", qui lui rapporterait, selon les informations dévoilées ce dimanche, "plusieurs millions de dollars chaque année" et "concurrence pourtant directement les entreprises de transport américaines", indique Le Monde.

Autre information susceptible de provoquer un nouveau tollé dans l'administration: les liens de l'entreprise de Wilbur Ross avec l'une des plus grosses sociétés russes de gaz et de pétrole, "Sibur", dirigée par des proches de Vladimir Poutine. Comme le précise Le Monde, Sibur est actuellement la propriété d'un des gendres du président russe, Kirill Chamalov, et de Guennadi Timtchenko, qui a déjà fait les frais des sanctions économiques américaines après l'invasion de la Crimée.

Stephen Bronfman, "le gars de la finance" de Trudeau

Stephen Bronfman est l'un des soutiens de la première heure de Justin Trudeau, dont il est l'ancien trésorier de campagne. Une campagne que le premier ministre canadien a remporté notamment grâce à ses positions contre l'évasion fiscale. Mais selon les informations révélées par les Paradise Papers, Stephen Bronfman et sa société Claridge auraient investi dans une structure financière opaque des îles Caîman -un "trust" baptisé le Kolber Trust. L'objectif étant bien sûr d'échapper à certaines taxes.

Comme le rappelle Le Monde, posséder un "trust" au Canada n'est pas illégal, à condition de respecter certaines règles: ainsi l'entreprise n'est exemptée de taxe que si les décisions la concernant sont prises hors du territoire canadien. Ce qui, selon les révélations des Paradise Papers, n'a pas été le cas pour le trust Kolbert.

Elizabeth II, le duché de Lancastre et Brighthouse

Dans la longue liste du patrimoine royal britannique, figure le "Duché de Lancaster", une société chargée de gérer les biens de la reine. Selon les révélations des Paradise Paper, ce duché a investi 7,5 millions de dollars dans un fonds situé aux îles Caïman, qui aurait par la suite investi dans une chaîne britannique d'électroménager "Brighthouse".

Or cette chaîne a déjà provoqué la polémique au Royaume-Uni pour ses méthodes de ventes agressives et des surfacturations de clients, mais aussi pour avoir réduit de façon drastique le montant de ses impôts, grâce à un prêt accordé à une société luxembourgeoise, comme le souligne Le Monde.

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