FMI: La croissance de la région MENA ne permettra pas de s'attaquer sérieusement au chômage

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Men wait for casual work offers on a street of Cheraga, west of Algiers, June 24, 2010. Local officials say that Islamist insurgents, fighting a lingering conflict with Algeria's security forces, are targeting small armies of unemployed young men and persuading some of them to join their ranks across Algeria. To match Feature SECURITY-QAEDA/ALGERIA REUTERS/Louafi Larbi (ALGERIA - Tags: CIVIL UNREST POLITICS) | Louafi Larbi / Reuters
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PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES - Malgré leur relative bonne tenue, les taux de croissance actuels de la région MENA (Moyen-Orient/Afrique du Nord) ne permettront pas de s’attaquer à la problématique du chômage. C’est ce qui ressort du dernier rapport du FMI, présenté jeudi 2 novembre à Rabat par Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du fonds monétaire international.

S’exprimant lors d’une conférence de presse sur les perspectives de croissance de la région, Azour a expliqué que la création d’emploi résultant de la croissance ne pouvait être significative que si les taux de croissance dépassaient 6%. Ce qui n’est pas encore le cas pour les économies de la région qui ont vu leur indice se stabiliser autour de 3,6% en 2016 pour une prévision de 4,4% en 2018.

Cette moyenne générale cache toutefois les disparités qu’il peut y avoir entre les différents pays. Toujours selon les chiffres du FMI, les pays exportateurs de pétrole ont connu une croissance d’à peine 1,7% pour l’année en cours contre un taux de 4,3% pour les pays importateurs. Cet écart est expliqué d’une part par la faiblesse des cours et l’ajustement budgétaire qui continuent de peser sur les économies des premiers, et d’autre part par le renforcement de la demande intérieure et le redressement conjoncturel de l’économie mondiale qui a profité aux seconds.

Globalement, l’institution financière internationale recommande d’intensifier les réformes structurelles pour profiter de la conjoncture favorable offerte par le renforcement de la reprise mondiale. "Cela signifie accorder plus d’espace pour le secteur privé, seul capable de créer des emplois pérennes à travers l’augmentation des crédits qui lui sont alloués ", souligne Jihad Azour. Il faut donc renforcer l’accès aux financements, notamment pour les PME, renforcer l’accès aux marchés à travers l’assouplissement des barrières de sorties, renforcer l’accès aux nouvelles technologies et favoriser l’accès des femmes à l’entreprise. D’un autre côté, les pays doivent poursuivre la mise en œuvre de leurs plans de réduction du déficit budgétaire pour préserver la viabilité des finances publiques.

Concernant le Maroc, le directeur du FMI pour la région MENA s’est dit optimiste notamment par rapport aux réformes déjà entreprises qui ont permis la stabilisation de l’économie et l’amélioration de sa compétitivité ce qui s’est traduit par une remontée de la croissance, comme vous pouvez le voir dans l'interview ci-dessous. "Il n’empêche que le Royaume doit continuer sur ce chemin et poursuivre ses réformes", ajoute le directeur. Par ailleurs, Jihad Azour est également revenu sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL). Une mission de consultation est d’ailleurs sur place pour discuter de la reconduction ou non de cette ligne de crédit et devrait donner son avis le mardi 7 novembre.

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