L'APN qui cache la forêt: un rapport indique la faible présence des Algériennes en politique

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Algerian women walk past electoral posters in Algiers, April 2, 2014. Campaigning began on March 23 for an Algerian presidential election widely seen as a one-horse race that will ensure President Abdelaziz Bouteflika's a fourth term. REUTERS/Louafi Larbi (ALGERIA - Tags: POLITICS SOCIETY ELECTIONS) | Louafi Larbi / Reuters
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L'Algérie a reculé de 7 places dans le rapport annuel sur la parité entre les hommes et les femmes du Forum économique mondial, publié ce jeudi 02 novembre 2017 sur le site Internet de cette fondation. Classée 120e en 2016, l'Algérie recule en 2017 au 127e rang suite "à un élargissement de l'écart entre les hommes et les femmes en matière de "political empowerment", c'est-à-dire d'autonomisation politique.

Dans son rapport "The Global Gender Gap", le Forum économique mondial évolue et compare la parité entre hommes et femmes dans 144 pays dans les secteurs de l'économie (Economic participation and opportunity), l'éducation (Educational attainment), la santé (Health and survival) et la politique (Political empowerment). Le rapport attribue à chaque pays un score de 0 à 1, un indice global où l'Algérie a enregistré cette année un recul à 0.629.

Selon ce Forum, le pays a enregistré en 2017 quelques progrès. Le rapport évoque notamment une amélioration en matière d'égalité salariale pour un même travail et d'espérance de vie en bonne santé. Mais cela ne suffit pas du tout à l'Algérie pour gagner des places ou maintenir son classement.

Dans son exposé, World Economic Forum démontre une participation très active des Algériennes dans les secteurs de l'éducation et de la santé. L'Algérie est d'ailleurs aux 84e et 78e places des classements de ces deux critères, enregistrant de très bonnes notes de 0.957/1 et 0.970/1, respectivement.

Toutefois, la participation des Algériennes est moindre dans la vie politique et économique. Le pays y enregistre respectivement des mauvaises notes de 0.145/1 et 0.442/1, se classant 86e et 132e dans les classements selon les deux critères.

aprité

Des ratios faibles, peu de femmes en têtes de liste

Pour élaborer la note de chaque pays dans sa rubrique "Political empowerment", le Forum économique mondial analyse dans son rapport le ratio de femmes présentes au Parlement par rapport à celui des hommes, le nombre de femmes au poste de ministre et le nombre de femmes à la tête d'un Etat durant ces 50 dernières années.

Le ratio de femmes présentes à l'Assemblee populaire nationale (APN), qui est passé en quelques années de 7.7% à 31.60%, est loin d'être représentatif de la participation des Algériennes en politique. Selon un analyste de la scène politique, "cette évolution est juste formelle, imposée par la loi électorale qui pousse les partis à faire du bourrage et intégrer des femmes dans les listes".

"D'ailleurs, nous avons vu très peu de femmes en tête de listes" lors des élections législatives du 04 mai et des élections locales actuelles", ajoute-t-il, estimant que la polémique des "candidates sans visages" est également un mauvais signal.

L'Algérie s'est surtout fait surpasser par d'autres pays, ayant plus de femmes à des postes de hautes responsabilités, notamment à la tête de ministères.

Dans la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient), l'Algérie recule à la 4e place cette année, derrière la Tunisie, les Emirats arabes unis et Bahrein.

117e selon ce rapport, la Tunisie comporte 3 femmes aux postes de ministres de la Femme, de la Jeunesse et du Tourisme, et deux femmes aux postex de secrétaires d'Etat auprès du ministre du Transport et de la santé. Aux Emirats arabes unis, classés 120e, elles étaient 8 femmes au poste de ministre entre 2016 et 2017, dans un gouvernement de 29.

Au Maghreb, le Maroc, 136e, se positionne à la 4e place, derrière la Mauritanie (132e).

L'écart se creuse dans le monde

Selon le rapport The Global Gender Gap", le fossé entre les hommes et les femmes dans les domaines susnommés se creuse, pour la première fois après une dizaine d'années de progrès.

Aujourd'hui, le fossé entre les hommes et les femmes est comblé à 68% à l'échelle mondiale. Les inégalités persistent toutefois dans le monde du travail et dans la vie politique.

L'Islande occupe la première marche du podium de l'indice mondial depuis neuf ans. Avec un fossé comblé à 88%, suivie de la Norvège et de la Finlande. Dans le top 5, le Rwanda devance la Suède, le Nicaragua et la Slovénie. Le Rwanda est ainsi le bon élève de l'Afrique, où la parité hommes-femmes est à la traîne en matière de politique notamment, tout comme en Algérie.

Le Mali est classé 139e. Le Tchad 141e. La Syrie, le Pakistan et le Yemen clôturent le classement.

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