Tunisie - Inde: "De nombreuses opportunités à explorer" affirme Khemaies Jhinaoui

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JHINAOUI
MAXIM ZMEYEV / Reuters
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Le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui s'est rendu les 30 et 31 octobre 2017 à la capitale indienne New Delhi dans le cadre d'une visite officielle en réponse à l'invitation de son homologue Sushma Swaraj. Une visite qui paraît exceptionnelle pour Jhinaoui puisque son premier poste diplomatique était, en fait, à Delhi au début des années 80.

Au cours de sa visite, plusieurs rencontres ont été effectuées et des accords ont, par ailleurs, été signés en matière de coopération économique et sécuritaires affirmant la détermination du gouvernement tunisien à hisser les différentes formes de coopération et de partenariat avec l’Inde, en tant que force économique émergente. Les deux pays ont fixé un objectif de renforcer les échanges commerciaux afin d'atteindre la barre d'1 milliard de dollars dans les cinq prochaines années.

Jhinaoui a, d'autre part, accordé une interview à "The wire", un site d'information indien où il a fait le tour de l'actualité tunisienne et s'est penché sur les dossiers chauds qui préoccupent l'opinion publique nationale et internationale.

Il a passé en revue les principales réalisations effectuées par le pays durant ces six dernières années. "Je pense que nous avons franchi des étapes importantes vers la mise en place d'institutions stabilisées et permanentes" a-t-il noté en évoquant la réussite de l'organisation des élections législatives et présidentielle en 2011 et 2014.

Jhinaoui est revenu sur l'opération "mains propres", menée depuis quelques mois, par le gouvernement pour mettre fin à la contrebande et à la corruption, deux fléaux qui rongent l'économie du pays. Il a exposé, d'autre part, le rôle de l'Instance Vérité et Dignité et l'apport de la loi sur la réconciliation. "Cela n'a rien à voir avec le système judiciaire" a-t-il expliqué en ajoutant que cette dernière est une sorte de coup de pouce à l'administration tunisienne et aux victimes du système et des pratiques de l'ancien régime.

S'agissant de la guerre contre le terrorisme, Jhinaoui a souligné la répercussion des attaques terroristes sur l'économie du pays. La Tunisie souffre encore de ces séquelles et peine à se redresser. Certains secteurs sensibles et importants comme le tourisme et l'investissement étranger ont été touchés de plein fouet. "Heureusement pour les deux dernières années, nos forces de sécurité sont beaucoup mieux formées et mieux équipées pour lutter contre le terrorisme" a-t-il dit.

Interrogé sur ses attentes de la communauté internationale en matière de lutte contre le terrorisme, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que "le terrorisme n'est pas une menace tunisienne". "C'est un phénomène international qui nécessite une coopération internationale entre les différentes nations. C'est pourquoi, nous pensons qu'il est de la responsabilité de la communauté internationale de s'entraider pour faire face à cette menace" a-t-il répliqué.

S'agissant des États-Unis qui pense à réduire de 67% l'aide à la Tunisie, Jhinaoui a fait savoir que les Américains ont été parmi les premiers à soutenir la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme. "Les États-Unis aident non seulement la Tunisie à améliorer l'entraînement de ses forces, mais aussi à obtenir de meilleurs équipements" a-t-il ajouté en précisant que la Tunisie coopère également avec de nombreux autres pays, en particulier l'Allemagne, la France et de nombreux autres pays.

Il expliqué, d'autre part, cette baisse par le fait qu'en 2017 la Tunisie a reçu une augmentation des aides de la part des USA. Pour 2018, il a noté que rien n'est encore finalisé. Il a précisé que la Tunisie pourrait bien se rattraper et avoir des aides américaines plus importantes, et ce dans le cadre des prochaines rencontres et discussions entre les deux pays. "Nous avons célébré 220 ans de relations diplomatiques. En 1797, nous avons eu le premier traité entre la Tunisie et les États-Unis. C'est une relation historique très profonde que nous avons avec ce pays ... et nous croyons que malgré le changement de l'administration, cette amitié se poursuivra dans l'intérêt des deux peuples" a-t-lancé.

À propos de l'Inde, Jhinaoui a indiqué que les deux pays coopèrent au niveau sécuritaires en échangeant des informations de renseignement.

Jhinaoui a appelé les hommes d'affaires indiens désireux d'étendre leurs activités de se diriger vers la Tunisie. "Les hommes d'affaires indiens ont de nombreuses opportunités à explorer - pas seulement pour investir en Tunisie, mais aussi pour de nouveaux marchés" a-t-il précisé. Il a noté que vu sa position stratégique au coeur de la Méditerranée, la Tunisie pourrait être une très bonne plateforme pour favoriser la conquête des marchés africains. Il a d'ailleurs évoqué les prémices d'un retour des investissements en Tunisie. "La tendance d'aujourd'hui est plutôt positive. Nous pensons que les investisseurs étrangers sont de retour. Ils ne sont pas encore à la vitesse à laquelle nous nous attendons, mais les signes sont très positifs" a-t-il précisé.

D'autres dossiers épineux tels que la situation en Libye, la position de la Tunisie envers l'Iran, le conflit diplomatique au Golfe et la et la question palestinienne ont été également abordés.

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