La Tunisie 88e sur 190 pays en matière d'environnement des affaires, selon le rapport Doing Business 2018

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MANUFACTURING TUNISIA
Cargo ships unload imported goods in the Tunisian port city of Rades on November 12, 2014. The World Bank said in a report published last September that Tunisia's economic model of manufacturing for exports and protecting the domestic market was valid in the 1970s but since then had hindered progress. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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Doing Business, le projet qui mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies à travers le monde, vient de publier son rapport de 2018, dans lequel la Tunisie se classe 88ème en matière de facilité de faire des affaires, avec un score de 63,58/100, pratiquement le même que celui de l'année écoulée (63,38/100)

L'étude choisit une ville de chaque pays. Ainsi, la ville de Tunis a été l'objet de l'étude de Doing Business.

Les facteurs étudiés et les résultats

Selon l'étude de Doing Business, le score réalisé par la Tunisie est le résultat de plusieurs facteurs. Ainsi, les temps nécessaires pour obtenir un permis de construction, créer une entreprise, être raccordé au réseau électrique, enregistrer une propriété foncière, ou encore importer et exporter, ont été minutieusement évalués.

Selon le rapport, créer une entreprise en Tunisie requiert en moyenne 11 jours et 9 procédures administratives, ce qui positionne la Tunisie à la 100e place sur 190, avec un score de 85,02/100.

Quant à l'obtention d'un permis de construction, selon Doing Business, il faudrait passer par 18 procédures administratives nécessitant une moyenne de 96 jours. Ceci place la Tunisie à la 95e position avec un score de 67,49/100.

Toujours selon ce rapport, 65 jours sont nécessaires pour être raccordé au réseau électrique, accompagnés de près de 4 procédures administratives. Ces chiffres offrent à la Tunisie la 48e place dans ce classement avec un score de 82,2/100.

La Tunisie arrive 93e en matière d'enregistrement de propriété et réalise un score de 63,21/100. Selon le rapport, 4 procédures et 39 jours seraient nécessaires pour ce genre d'opération.

Du côté des crédits bancaires, la Tunisie obtient le score de 45/100 et la 105e position dans le classement. La mesure de ce score tourne autour du droit légal à l'obtention de crédit, sur une échelle de notes allant de 0 à 12 (12 représente un pays offrant un droit fondamental aux crédits bancaires). Sur ce point, la Tunisie obtient la note de 3/12.

L'étude Doing Business met en exergue le problème d'imposition de la Tunisie qui la classe en 140e position avec un score de 60,14/100. En effet, 9 paiements de taxes en moyenne doivent être effectués annuellement, représentant 64,1% du profit de l'entreprise.

S'agissant des activités d'exportation et d'importation, la Tunisie se classe 96e avec un score de 70,50/100. Selon l'étude, quelque 107 heures sont nécessaires, entre documents et douanes, pour une opération d'importation, tandis que l'exportation nécessiterait en moyenne la moitié seulement (53 heures).

Toujours selon Doing Business, les procès et litiges commerciaux dureraient en moyenne 565 jours, ce qui place la Tunisie en 76e place avec un score de 59,33/100. La qualité du processus judiciaire est quant à elle mesurée à travers une échelle de scores allant de 0 à 18 sur laquelle la Tunisie obtient la note de 7/18.

Doing Business mesure également le temps moyen nécessaire à une opération de recouvrement. Dans ce contexte, la Tunisie arrive en 63e position sur 190, et réalise un score de 54,53/100. Selon le rapport, 15 mois seraient en moyenne nécessaires pour résoudre un problème d'insolvabilité. Malgré un classement relativement correct, la Tunisie obtient la note de 8,5/16 en matière d'efficacité des procédures mises en place pour favoriser la solvabilité.

La moyenne de tous ces scores représente le score général de 63,58/100 et permet, comme dit précédemment, de classer la Tunisie à la 88e place.

L'étude Doing Business s'est également penchée sur le marché de l'emploi en Tunisie, mettant en relief les lacunes au niveau des contrats d'embauche. Ainsi, contrairement à plusieurs autres pays comme l'Algérie et le Maroc, la Tunisie n'interdit pas le contrat à durée déterminée pour des tâches permanentes.

Le rapport a également dressé une liste des réformes effectuées entre 2016 et 2017 sur les réglementations relatives aux affaires. Ces réformes sont jugées bonnes ou mauvaises en fonction des changements apportés en faveur du climat entrepreneurial du pays. Selon le rapport, la Tunisie a rendu les affaires plus difficiles en introduisant une nouvelle taxe exceptionnelle relative aux impôts sur le revenu.

Sur le plan africain et mondial

Dans ce classement, la Tunisie fait mieux que certains de ses voisins. En effet, l'Algérie arrive en 166e place sur 190 avec un score de 46,71/100, alors que le Maroc réalise un score de 67,91/100 et se positionne 69e dans le classement. L'Egypte quant à elle, occupe la 128e place, avec un score de 56,22/100, réalisant une amélioration de 0,1/100 par rapport à l'année précédente.

La Tunisie se positionne également mieux que la majorité des pays d'Afrique subsaharienne, en plus de la Libye.

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Sur le plan mondial, la Tunisie se positionne mieux que l'Arabie Saoudite, les Seychelles, l'Inde, la Jordanie, l'Argentine, le Brésil, l'Iran, et le Liban.

La Nouvelle Zélande est en tête de liste pour la deuxième année consécutive, suivie du Singapour, du Danemark, de la Corée du Sud et du Hong-Kong. Selon Doing Business, ces pays représentent les endroits où il est le plus facile de faire des affaires, avec des scores au dessus de 83/100.

La Libye, le Yémen, le Soudan, le Venezuela, l'Érythrée, ou encore la Somalie, arrivent derniers dans le classement Doing Business, avec des scores en dessous de 34/100.

La Thaïlande, le Malawi, le Kosovo, l'Inde, l’Ouzbékistan, la Zambie, le Nigéria, Djibouti et le Salvador font par ailleurs partie des économies qui se sont améliorées le plus par rapport à 2016/2017.

Les pays de l'Europe et d'Asie centrale demeurent les économies ayant mis en place le plus de réformes en faveur de l'investissement et des affaires (76% ont mis en place au moins une réforme affectant la réglementation des affaires), suivis des pays de l'Asie du Sud et de l'Afrique subsaharienne.

Selon Doing Business, quelque 3188 réformes en faveur des affaires ont été effectuées en 15 ans à travers le monde, dont 264 durant l'année 2016.

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