Dégradation de la situation de la Télévision Tunisienne: Le SNJT hausse le ton et menace d'une grève

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Devant la dégradation de la qualité des contenus médiatiques et le blocage du processus de réformes au sein de l'Etablissement de la télévision tunisienne, le Syndicat national des journalistes Tunisiens (SNJT) a réagi, lundi, en publiant un communiqué de pressepour mettre un terme à cette situation.

Le syndicat a haussé le ton face au gouvernement et a menacé de passer à tous les modes de protestation, y compris la grève. Il a évoqué ses recommandations et a souligné la nécessité d'adopter une nouvelle stratégie afin d'améliorer le secteur.

Dans son communiqué, le syndicat a appelé les journalistes de la télévision nationale à porter le brassard rouge le 9 novembre prochain, et ce pour défendre l’indépendance de l’établissement “qui constitue un des piliers de l’information publique, libre, responsable et intègre”.

Le SNJT a, par ailleurs, pointé du doigt la politique de la mainmise sur le service public et “les tentatives d’asservissement” ciblant l’établissement public. Il a appelé le gouvernement à assumer pleinement sa responsabilité et à accélérer la révision des lois régissant le secteur.

Le SNJT met en garde contre toute manipulation des médias publics par le pouvoir

De son côté la section du Syndicat à la télévision tunisienne a souligné son refus face aux multiples tentatives "de marche arrière" vers une information publique sous l’emprise du pouvoir. Il a souligné la nécessité de garantir la neutralité du poste de rédacteur en chef du journal télévisé et a regretté l'attitude actuelle de l'administration qui refuse d'engager le dialogue après avoir signé l’accord relatif à la motion professionnelle issue d’un meeting organisé le 19 septembre dernier par les journalistes de l’institution.

Récemment, les deux directeurs Iheb Chaouech, le directeur général de la Télévision Nationale 1, et Chedia Khedir, la directrice de la Télévision Nationale 2, ont été limogés, et ce sans aucun motif clair.

Les critiques se sont, également, succédées après la diffusion de la couverture médiatique de la télévision nationale de la visite du président de la République à Sousse. Certains ont vu dans le reportage du journal de 20H le retour de la propagande du régime. “Le reportage, qui a duré 4 minutes, s’est focalisé sur les aspects de la liesse populaire, la participation massive des citoyens et la mobilisation des moyens dont disposent les institutions publiques de la région pour promouvoir l’image du président”, a regretté la HAICA.

La HAICA a appelé également les responsables de l'institution à revoir leurs méthodes de travail de manière à renforcer le rôle des journalistes dans la production des contenus, loin de toute influence et de toute pression, et à adopter des mécanismes d’auto-régulation à même de les aider à observer les règles et l’éthique de la profession.

Le SNJT met en garde contre le retour du despotisme et appelle au droit à la liberté d’expression

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a mis en garde, dans un autre communiqué, contre “le retour du despotisme” et de “la manipulation des médias à dessein de justifier les atteintes à la liberté de presse et d’expression".

Le syndicat a estimé que l’interdiction de Moncef Marzouki, président du parti Al-Irada et ancien président provisoire de la République, d’accéder aux locaux de la Radio Ribat FM à Monastir constitue une privation manifeste du citoyen de son droit à une presse libre et pluraliste, conformément aux dispositions de la Constitution.

Le SNJT a condamné les déclarations du Président-directeur général de Radio Ribat FM, “supposé soutenir ce droit constitutionnel et refuser les violations qui ont porté atteinte à son institution”.

Il a, aussi, mis en garde contre “les tentatives de porter atteinte aux acquis de la révolution et particulièrement le droit à la liberté d’expression et de la presse”.

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