"Light Us", la flamme olympique de la COP quitte le Maroc pour Bonn

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TESLA RABAT COP22
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DÉVELOPPEMENT DURABLE - Plus qu’une semaine avant le lancement de la COP23 à Bonn et, par la même occasion, la passation de la présidence de l’événement entre le Maroc et les îles Fidji. Pour accompagner cette étape, et comme symbolique du relais entre les pays organisateurs, la torche olympique "Light Us" a entamé son périple le 30 octobre de Marrakech en direction de la ville allemande. C’est la deuxième fois que la torche durable relie ainsi deux pays organisateurs de la COP, après avoir fait le voyage entre Paris et Marrakech l’année dernière dans un convoi exclusivement composé de véhicules propres.

"Après avoir été le symbole officiel de la COP22, de nombreuses personnalités sont venues à la rencontre de la torche 'Light Us' à Marrakech, notamment le président français, François Hollande et la présidente de la CGEM, Miriem Bensaleh. Un succès qui nous a permis cette année encore d’être reconnus officiellement par les îles Fidji comme symbole de la COP23", déclare au HuffPost Maroc Ayoub Makhloufi, fondateur et président du Moroccan intelligence and public affairs institute (MIPAI), think-tank euro-méditerranéen derrière l’initiative.

Vers la reconnaissance définitive de la "torche"

Composé de 17 véhicules électriques de marque Tesla (contre 7 l’année dernière), le convoi "Light Us Road" a fait une première escale hier à Rabat, devant le site du Chellah. Le périple en comptera trois au total avant d'arriver à destination. "Le prochain arrêt est prévu à Barcelone avec notre partenaire Union pour la méditerranée (UPM), puis nous reprendrons la route pour une dernière escale à Genève le 3 novembre", précise Ayoub Makhloufi. Pour cette dernière étape, MIPAI a vu grand puisqu’il prévoit un grand rassemblement devant les Nations unies en présence du Directeur général de l'Office des Nations-Unies, Micheal Moller, de Bertrand Piccard, pilote du Solar Impulse, et de Christophe Nuttall, directeur du R20, organisation non gouvernementale fondée en 2010 par Arnold Schwarzenegger pour promouvoir les énergies renouvelables.

Le but: militer pour que l’ONU reconnaisse définitivement "Light Us" comme symbole officiel de toutes les conférences des parties (COP). "L’idée est déjà reçue très favorablement par les pays organisateurs, mais nous voulons vraiment montrer l’engouement que crée cette torche pour que les Nations unies la définissent non seulement comme le symbole des COP, mais également comme symbole du développement durable", annonce, enthousiaste, le directeur du MIPAI.

Mais où sont les bornes électriques?

À noter que contrairement au programme annoncé, l’arrivée du convoi à Rabat a été décalée de quelques heures, suite à un "léger" retard. Un problème de circulation? Pas vraiment, à en croire un membre de l’équipe qui nous confie que beaucoup de temps a été perdu pour recharger les véhicules à la seule et unique borne disponible. Pourtant, l’Institut de recherche sur l’énergie solaire et les énergies nouvelles (IRESEN) avait annoncé en grande pompe en mai dernier l’installation de 37 bornes électriques dans le cadre d’une phase pilote en partenariat avec Schneider Electric et Autoroutes du Maroc (ADM) avant d’élargir le concept à l’ensemble du réseau autoroutier du Royaume. Aucune de ces bornes n’a vu le jour pour le moment et une a dû être installée en catastrophe à Marrakech pour permettre aux voitures de "faire le plein".

Pour rappel, l’événement inaugural du "Light Us Road" à Marrakech a été organisé par l’association MIPAI en partenariat avec DrivElectric, société de location de Tesla et le Mövenpick Hôtel Mansour Eddahbi Marrakech, tandis que la première escale à Rabat a été réalisée en partenariat avec l’Organisation des régions unies (ORU-FOGAR) présidée par Abdessamad Sekkal, par ailleurs président de la région Rabat-Salé-Kénitra.

Précision
L'Institut de recherche sur l’énergie solaire et les énergies nouvelles (IRESEN) a tenu à réagir afin d'apporter plus de précisions concernant l'alimentation en énergies électriques du convoi "Light Us Road". Le département de Badr Ikken indique en effet que plusieurs bornes ont été mises à disposition des voitures électriques en plus de celle installée à Marrakech. Les 17 Tesla ont d'abord fait une escale à la ville verte de Benguérir où elles ont pu profiter des 4 bornes électriques de la plateforme de recherche "Green Energy Park". Ces bornes servent à la recharge des véhicules électriques de la ville verte de Benguérir mais aussi à tous les véhicules électriques de passage comme pour RIVE Maroc dont l’IRESEN a été partenaire.

Les véhicules ont ensuite pu recharger sur Settat (6 points de charge), Bouznika (18 points de charge) et Kenitra (6 points de charge) grâce à l’infrastructure mise en place par l’IRESEN avec son partenaire DRON Maroc pour arriver finalement à Tanger et traverser ensuite les capitales européennes jusqu’à la COP23. Trois bornes spécifiques ont été fabriquées permettant d’alimenter en simultané les véhicules Tesla en 22Kw afin de faciliter et réduire le temps de charge. Les véhicules ont donc réussi à rouler sans émettre de CO2 jusqu’à Tanger.

Quant au projet en partenariat avec Autoroutes du Maroc (ADM) et Schneider Electric, il a accusé un peu de retard à cause de certains problèmes de tensions électriques auxquels ont du faire face les équipes. Mais l'Institut est confiant et les 37 bornes devront être installés dans les temps impartis (début 2018).

"Light Us", une torche durable... et intelligente

light us torche

Pur produit de l’innovation et de l’initiative marocaines, "Light Us" n’est pas qu’une simple torche. En plus d’illuminer, "Light Us" bénéficie d’une intelligence artificielle grâce à un système embarqué qui lui permet de répondre aux questions qu’on peut lui poser dans le domaine environnemental. Elle dispose également d’un GPS intégré permettant à la torche, à chaque passage aux frontières, de changer de couleurs pour correspondre au drapeau du pays dans lequel elle se trouve. La conception de structure a été développée par un ingénieur marocain. C’est lui qui a pensé la forme spéciale de la torche. La partie énergie solaire et photovoltaïque a été prise en charge par un autre ingénieur franco-marocain et la partie intelligence artificielle a été réalisée par une association marocaine basée dans la région de l’Oriental. "Toutes ces personnes ont travaillé de manière bénévole afin de défendre la cause du développement durable", souligne Ayoub Makhloufi, président du MIPAI.

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