"Hirak pour l'eau": 8 manifestants condamnés à des peines de prison ferme à Zagora

Publication: Mis à jour:
CARAVANE ZAGORA
AMDH-Zagora/Facebook
Imprimer

VERDICT - "Nous sommes consternés. Personne ne s’attendait à ce que le procès aboutisse à un tel verdict". Le président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Atmane Rizkou, décrit au HuffPost Maroc le choc ressenti à l’issue du procès de 8 jeunes interpellés dans le cadre de la marche pour le droit à l’eau organisée le 8 octobre dernier à Zagora.

L’audience qui s’est ouverte, hier, à 14h au tribunal de première instance de la même ville, a duré jusqu’au lendemain, mardi à 2h du matin. Verdict: des peines de deux à quatre mois de prison ferme assorties d’une amende de 2000 dirhams pour 4 d’entre eux et 1000 dirhams pour les 4 autres. "Nous ne nous y attendions pas, d’autant qu’une dizaine de témoins convoqués par le tribunal ont disculpé les prévenus des accusations qu’on leur reprochait", souligne le militant.

Reconnus coupables de rassemblement non autorisé, atteinte à la dignité de fonctionnaires publics et vandalisme, ces 8 jeunes ont été représentés par 16 avocats mandatés par 102 autres, pour assurer leur défense. "Ils ont remis en question la crédibilité des procès-verbaux et rejeté les accusations qui pèsent sur les 8 prévenus en citant les témoins", rapporte Atmane Rizkou.

La présence d’une dizaine de témoins a eu un effet apaisant pour les familles des détenus, selon le militant des droits de l’Homme. "Les témoins ont démontré que les prévenus n’ont aucun lien avec la manifestation et n’étaient même pas sur les lieux de la marche", affirme-t-il. Et d'ajouter que, confiants, les familles et le comité de soutien étaient assurés que le verdict ne pouvait être que l’acquittement. "Avec ces peines de prison, le climat de tension à Zagora risque malheureusement de s’aggraver", prévient le militant.

Au moment où ce verdict est tombé, un autre procès s’ouvre, celui de 8 autres mineurs poursuivis pour les mêmes délits, en état de liberté provisoire. 7 autres, poursuivis pour incendie en plus des délits précités, devront répondre de leurs accusations devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Ouarzazate.

À Zagora, le stress hydrique a soulevé une colère populaire instaurant, à l’image d’Al Hoceima, un autre Hirak, celui pour l’eau. Des manifestations ont été observées les 24 septembre, 8 octobre et 15 octobre, couronnées, le 29 octobre par une caravane de solidarité qui s’est tenue à Zagora. Une grève, qui avait été prévue le 30 octobre, a été reportée pour une date ultérieure.

Suite à la mise en place d’une commission interministérielle pour régler le problème de l'eau, faisant suite au conseil des ministres du 2 octobre, la secrétaire d’État chargée de l’Eau, Charafat Afailal, a effectué une visite à Zagora et à la province voisine, Tata, les 25 et 26 octobre, pour s’enquérir de l’état d’avancement des projets hydriques. "Les délais de réalisation de ces chantiers sont de plusieurs années, alors que nous avons besoin d’eau dans l'immédiat", avaient fait constater à l'occasion Atmane Rizakou.

LIRE AUSSI: