Pour cet avocat à la télé égyptienne, harceler sexuellement les filles portant un pantalon déchiré est un "devoir national"

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SEXUAL HARASSMENT EGYPT
Youth try to harass women on a street in Cairo April 8, 2013. Egypt's National Council for Women (NCW) has proposed a new law against sexual harassment containing a minimum sentence of one-year imprisonment for first-time offenders, local media reported. Picture taken April 8, 2013. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh (EGYPT - Tags: POLITICS) | Amr Dalsh / Reuters
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Alors qu'un débat houleux agite l'Égypte concernant un projet de loi sur la lutte contre la "promotion de la déviance sexuelle, la débauche et les concerts contraires aux bonnes moeurs", un avocat à la Cour de cassation et à la Cour constitutionnelle nommé Nabih El Wahech, déclare sur le plateau de l'émission"Infirad" sur la chaine de télévision "AlAssema Tv" que harceler les filles qui portent des pantalons déchirés est "un devoir national". (vidéo ci-dessous)

Le projet de loi proposé par la députée, Chadia Thabet, également présente sur le plateau, est motivé, selon elle, par ce qui s'est passé au concert du groupe libanais Mashrou' Leila où deux jeunes hommes ont arboré le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT.

"Les homosexuels veulent-ils à travers ce geste arracher une reconnaissance de la part de la société égyptienne? C'est impossible. L'Égypte est le pays des bonnes moeurs, de la religion authentique", a-t-elle lancé. La députée a poursuivi sa diatribe contre les homosexuels en les assimilant à des ambassadeurs de la débauche, porteurs de maladies et de microbes comme le VIH, susceptibles d'ébranler financièrement le secteur de la santé et de mettre en danger la sécurité nationale.

À noter que le concert de Mashrou' Leila a donné lieu à une brutale campagne d'arrestation sans précédent de personnes accusées de pratiques homosexuelles.

Les politiques, les médias et l'institution religieuse Al-Azhar se sont associés pour appuyer cette répression. Les homosexuels sont un "groupe extrémiste", selon Al-Azhar. "Il n'y a pas de droits pour les homosexuels dans les pays islamiques. Si l'Occident ne l'accepte pas, on s'en fiche", a lancé Salah Salem, un des membres du conseil des droits humains égyptien.

Amnesty International et des organisations égyptiennes de défense des droits humains fustigent le traitement dégradant et inhumain réservé aux accusés: "Les forces de sécurité ont raflés des dizaines de personnes et ont effectué cinq examens anaux montrant une forte escalade dans les efforts des autorités pour persécuter et intimider les membres de la communauté LGBT", a dénoncé Najia Bounaim, directrice des campagnes Afrique du Nord d'Amnesty International.

Cette chasse aux homosexuels s'est élargie pour englober les travailleuses du sexe, transformant le débat en véritable tribunal inquisitoire dans les médias contre les libertés individuelles en Égypte comme en témoigne la déclaration de l'avocat sur le harcèlement sexuel.

À noter également qu'à propos des violences sexuelles, les statistique de l'ONU ont démontré que 99 % des Égyptiennes avaient subi une forme de harcèlement sexuel, faisant face à des remarques obscènes et des attouchements. Selon un rapport de la fondation Thomson Reuters, publié en 2017, la capitale égyptienne est la mégalopole la plus dangereuse au monde pour les femmes.

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