Rose McGowan a refusé 1 million de dollars pour se taire dans l'affaire Weinstein

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ROSE MCGOWAN
JASON REDMOND / Reuters
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AFFAIRE WEINSTEIN - Au mois de septembre, l'actrice Rose McGowan a refusé l'offre d'un proche de Harvey Weinstein qui lui proposait de se taire sur son agression sexuelle contre 1 million de dollars, rapporte le New York Times, dans un article paru le 28 octobre.

Dans un premier temps, l'actrice de la série "Charmed" avait alors refusé l'offre de 1 million de dollars, faisant une contre-proposition de 6 millions de dollars contre son silence. L'actrice avait finalement demandé à son avocat de retirer cette contre-proposition.

"Toutes les personnes qui travaillaient pour moi me disaient d'accepter l'offre, que je pourrai financer mes projets. Mais je me suis dit :"Hey grosse brute, tu me dégoûtes, je ne veux pas ton argent. Cela me ferait sentir dégoûtante", déclare-t-elle dans une interview au New York Times.

Au début du mois d'octobre, le New York Times publiait un long article qui faisait état de nombreuses accusations d'harcèlement sexuel contre Harvey Weinstein. Quelques jours plus tard, c'était au tour du New Yorker de dénoncer les agissements du producteur, allants d'un comportement inapproprié jusqu'au viol.

En 1997, Rose McGowan avait déjà accusé Harvey Weinstein de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel alors qu'elle n'avait que 20 ans. Suite à cela -et pour garantir le silence de sa jeune victime- l'actrice avait reçu un chèque de 100.000 dollars de la part de l'ex-producteur.

Mais jusqu'à cet été, McGowan ignorait que l'arrangement avec Weinstein ne comprenait pas de clause de confidentialité. Elle a donc longtemps parlé publiquement d'une agression sexuelle subie par un puissant producteur hollywoodien, sans pour autant citer qui que ce soit. Rose McGowan n'avait donc jamais associé le nom d'Harvey Weinstein à celui de son agresseur. Jusqu'à ce que le New Yorker ne le dévoile.

Les accords à l'amiable ouvertement critiqués

Les accords à l'amiable avec les victimes présumées sont aujourd'hui accusés d'avoir prolongé l'omerta, en raison des clauses de confidentialité qu'ils comportent. Dans l'affaire Weinstein, ces dernières ont "clairement joué un très grand rôle puisqu'on voit qu'il y a eu de nombreux accords amiables dans lesquels des femmes auraient pu porter plainte pour harcèlement sexuel ou parler publiquement", constate Ariela Gross, professeure de droit à l'université USC en Californie.

De nombreuses victimes ont reçu des sommes d'argent importantes pour acheter de facto leur silence, comme l'a raconté dans le Financial Times une ex-collaboratrice du producteur déchu, Zelda Perkins. "Je veux publiquement briser mon accord de confidentialité" car sans cela "il n'y aura pas de débat sur ces accords scandaleux", affirme-t-elle.

Plusieurs dizaines d'employés de la Weinstein Company, fondée par le producteur et son frère Bob, ont également diffusé une lettre ouverte dans laquelle ils affirment prendre le risque d'enfreindre leur accord de confidentialité pour se défendre d'avoir eu connaissance de son comportement de "prédateur sexuel".

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