Moncef Marzouki empêché d'accéder à une radio à Monastir, son parti dénonce un acte "grave" (VIDÉO)

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MARZOUKI
Former Tunisian president Moncef Marzouki waves to his supporters during a rally to launch his new political party Al-Irada (the will) in the capital Tunis on December 20, 2015. Marzouki, a 70-year-old neurologist and founder of the Congress for the Republic party during Ben Ali's long dictatorship, has warned of a 'catastrophic' situation in his country, plagued by poverty and jihadists, as he launched a new party a year after his election defeat. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit shoul | FETHI BELAID via Getty Images
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Alors qu'il se rendait, dimanche 29 octobre 2017, pour donner une interview à Ribat Fm à Monastir, l'ancien président de la République, Moncef Marzouki, s'est fait hué et empêché d'y accéder par la foule présente devant le local de la radio.

Marzouki persona non grata à Monastir

Des slogans ont été levés appelant à son départ. "Dégage, vous n'êtes pas le bienvenu à Monastir", "C'est la terre du Zaïm, Habib Bourguiba" ont scandé les manifestants.

En colère, les habitants ont forcé le cortège de Marzouki de faire demi-tour et partir, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Le président du parti Al Irada a dû finalement intervenir par téléphone sur radio Ribat Fm. Il a, d'ailleurs, qualifié ceux qui ont saboté son arrivée de "délinquants". Des propos qui n'ont pas été appréciés par les protestataires qui ont expliqué que leur réaction est "totalement démocratique" pour exprimer leur refus quant à son arrivé. Ils ont notamment souligné que Marzouki ne rate pas une occasion pour insulter l'ancien président de la République Habib Bourguiba.

Le parti Al-Irada dénonce

Le parti Al-Irada a estimé, dans un communiqué rendu public, que ce qui c’est passé, dimanche, avec son président à Monastir constitue “un indicateur grave” qui traduit "le mutisme affiché par les autorités face aux milices de protection de la dictature et de la corruption”.

Al-Irada a qualifié “d’opportunistes” ceux qui ont cherché à priver le président du parti de son droit de s’exprimer dans les médias et de communiquer avec les citoyens, sans que les autorités régionales et sécuritaires n’interviennent en dépit d’un programme de visite préalablement fixé, affirmant que “ces mercenaires” ne représentent guère les habitants de Monastir, précise la TAP.

Le parti réclame l’ouverture d’une enquête pour dévoiler et sanctionner les individus impliqués dans cet incident ainsi que leurs commanditaires, appelant les Tunisiens à condamner de telles pratiques qui menacent la paix civile et favorisent la discorde.

"Un dégage" qui ne fait pas l'unanimité

À la suite de cet incident, certains ont manifesté leur soutien aux habitants de Monastir, et ont salué cet acte.

Mains ce n'est pas du tout l'avis de certains internautes. En effet, plusieurs ont critiqué cette initiative et ont estimé qu'elle n'entre pas dans le cadre du principe de la démocratie. "Je ne suis pas du tout fan de Moncef Marzouki, mais je défend le droit de toute personne de s'exprimer pacifiquement" indique un internaute en ajoutant que ceux qui accusent Marzouki d'être anti-démocrate le sont en réalité.

Le président du parti Al-Irada Moncef Marzouki s’est rendu, dimanche matin, au gouvernorat de Monastir où il a présidé un meeting. Fidèle à son discours habituel, Marzouki avait pointé du doigt le pouvoir en place et l'a accusé d'être l'origine de la crise dans le pays. Il a, d'ailleurs, émis des doutes quant aux prochaines élections. "La falsification des élections de 2019 a démarré, surtout avec ce qui se passe au sein de l’ISIE" a-t-il indiqué dans une déclaration accordée à Shems Fm. Il a considéré que la non-tenue des élections municipales dans les délais prévus est un "scandale".

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