En visite en Tunisie, Antonio Tajani annonce: L'UE investira 40 milliards d'euros en Afrique, la Tunisie en tirera profit

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ANTONIO TAJANI
European Parliament chief Antonio Tajani addresses the Tunisian parliament on October 30, 2017 during an official visit to Tunis. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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En visite officielle à Tunis les 30 et 31 octobre, le président du Parlement européen, Antonio Tajani a prononcé, ce lundi 30 octobre 2017, un discours devant le parlement tunisien. Plusieurs sujets ont été évoqués dont notamment la lutte contre le terrorisme, la vague migratoire, le chômage et les projets d'investissement pour le développement africain dont celui de la Tunisie.

Sécurité: De nouvelles mesures pour renforcer la coopération avec la Tunisie

"Aujourd'hui, 80% des européens pensent que l'Union européenne (UE) devrait agir de concert avec ses partenaires pour lutter efficacement contre le terrorisme et l'extrémisme violent", a-t-il annoncé.

Tajani a indiqué qu'en réaction à cette volonté exprimée, la commission européenne a présenté, en octobre, de nouvelles mesures pour renforcer la coopération avec la Tunisie, notamment, en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

Ces mesures prévoient, selon lui, de proposer d'ici la fin de l'année l'ouverture des négociations en vue d'un accord sur l'échange de données personnelles entre Europol et la Tunisie.

Le président du Parlement européen a, à ce propos, réitéré l'attachement de l'Europe à la coopération sécuritaire entre les deux rives de la Méditerranée, soulignant le rôle géopolitique important joué par la Tunisie en matière de lutte contre le terrorisme.

Il a, à cet égard, rappelé que l'un des premiers revers essuyé par l'organisation terroriste "Daech" est intervenu dans le sud de la Tunisie dans la délégation de Ben Guerdane en mars 2016.

Dans le même ordre d'idées, Tajani a souligné la nécessité d'œuvrer à la stabilisation de la Libye, saluant l'initiative du président de la République Béji Caïd Essebsi pour un règlement politique global de la crise libyenne.

Appel à agir pour calmer les "mouvements populistes hostiles à la liberté et à la démocratie"

Le responsable européen a, par ailleurs, fait remarquer que la Tunisie est confrontée à "une fièvre plus ou moins aiguë des mouvements populistes hostiles à la liberté et à la démocratie".

Ces mouvements, a-t-il indiqué, font leur nid dans l'impatience et l'inquiétude des citoyens face à des situations complexes, notamment, la montée du chômage et la situation sécuritaire dégradée, d'où l'impératif d'agir avec pragmatisme et célérité pour y faire face et d'être les garants du pacte démocratique.

Cela requiert notamment, a-t-il dit la mobilisation des moyens et des garanties nécessaires afin que les élections locales en Tunisie puissent se tenir dans les meilleures conditions.

"Les élections locales sont nécessaires à l'ancrage de la démocratie locale et à l'essor économique des régions intérieures de la Tunisie", a-t-il soutenu.

Le défi de la vague migratoire en Europe

S'agissant de la question de la migration, Antonio Tajani préconise de traiter cette question avec lucidité, courage et pragmatisme, mais aussi avec beaucoup d'humanité, insistant sur le fait qu'il ne faut pas laisser la gestion du flux migratoire aux trafiquants d'êtres humains ou des terroristes.

"L'UE se doit d'accorder aux pays de l'Afrique du nord dont la Tunisie, la même attention et les mêmes ressources ayant été mobilisées l'année dernière pour gérer le flux migratoire via les Balkans", a-t-il ajouté, exhortant les Etats membres à accorder un financement suffisant pour les projets dédiés à l'Afrique du nord dans le cadre du fonds fiduciaire pour l'Afrique, en particulier le projet lié à la gestion des flux migratoires.

Avec 40 milliards d’euros investit en Afrique, il serait possible de changer le destin de l'Afrique

Selon Antonio Tajani, avec 40 milliards d'euros et une action plus forte de la Banque européenne de l'investissement, il serait possible de changer le destin de l'Afrique et de redonner de l'espoir à ce continent tout en y boostant la croissance.

"Il faut au moins 40 milliards d'euros pour un effet levier de 400 milliards d’euros. Aujourd’hui 3.5 milliards d’euros, seulement, sont déjà mobilisés. Mais, ça ne suffit pas", a-t-il regretté.

D’après Tajanai, les investissements "productifs" en Afrique sont la clé pour lutter contre l'émigration clandestine, jugeant "indispensable" de renforcer le contrôle sur la frontière tuniso-libyenne, les côtes et les ports tunisiens pour dissuader les candidats à l'émigration clandestine.

"Ce n'est pas avec les discours qu'on peut convaincre les migrants de rester chez eux. Il faut leur offrir des possibilités d'avoir une vie décente, d’où la nécessité d’engager des investissements", a-t-il soutenu.

Et de poursuivre: "Personne ne veut quitter sa ville natale, mais, si cette ville souffre de la pauvreté et du chômage, l’émigration devient ainsi une issue".

Pour sa part, le président de l’Assemblée des représentants du peule Mohamed Ennaceur a déclaré avoir évoqué avec son homologue européen les moyens d’attirer des investissements étrangers en Tunisie et de les orienter vers les régions les plus défavorisées.

"La Tunisie compte constamment sur le soutien de l’Union européenne pour juguler le problème du chômage notamment pour les diplômés du supérieur" a-t-il dit.

Selon Ennaceur, la Tunisie réclame un appui économique et politique plus conséquent de la part de l’UE

Par ailleurs, Ennaceur a affirmé avoir demandé de l’aide de l’Union européenne pour faciliter la migration régulière des jeunes tunisiens vers l’Europe.

"La Tunisie réclame un appui économique et politique plus conséquent de la part de l’UE. Elle cherche notamment à la conversion de ses dettes auprès des pays membres de l'UE en projets d’investissement", a-t-il souligné.

A noter que la visite du président du Parlement européen s’inscrit dans le cadre du suivi de la semaine parlementaire tunisienne à Bruxelles organisée en mai dernier dans la capitale belge avec la participation d’une délégation conduite par le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur et composée des présidents des groupes parlementaires et des membres du bureau de l'ARP.

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