La Catalogne se réveille sous tutelle, dans une Espagne déchiré

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CATALONIA
Pro-independence supporters gather at Sant Jaume square to celebrate following the parliamentary vote to declare Catalan independence in Barcelona, Spain, on Friday, Oct. 27, 2017. The resolution approved by lawmakers in Barcelona said the establishment of Europes newest sovereign country had been set in motion. Photographer: Angel Garcia/Bloomberg via Getty Images | Bloomberg via Getty Images
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La Catalogne se réveille sous tutelle de l'Etat espagnol samedi, au lendemain d'une déclaration d'indépendance historique fêtée par une partie des Catalans mais aussitôt contestée par Madrid et largement rejetée à travers l'Union européenne.

En attendant les nouvelles élections régionales, convoquées par Madrid pour le 21 décembre, la nuit barcelonaise était dominée par les indépendantistes et leurs feux d'artifice, sur la place Sant Jaume.

Mais samedi, à Madrid, ce sera au tour des partisans du maintien de la Catalogne en Espagne de manifester: deux camps diamétralement opposés, symbole de cette crise sans précédent pour l'Espagne depuis son retour dans le camp de la démocratie, en 1977.

Vendredi soir, quelques heures seulement après la proclamation de "la République catalane comme Etat indépendant et souverain", le gouvernement espagnol a de fait commencé à mettre en application tout un arsenal de mesures exceptionnelles, préparées depuis des semaines.

A l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, le dirigeant conservateur Mariano Rajoy a annoncé la destitution du président séparatiste catalan Carles Puigdemont et de son gouvernement. Et le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, a été dissous, en attendant son renouvellement, lors d'un scrutin annoncé pour le 21 décembre.

Dès samedi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, devait réunir les secrétaires d'Etat qui seront chargés d'assumer les fonctions des gouvernants catalans.

- 'Nous ne nous soumettrons pas' -

Les autres mesures annoncées comprennent la destitution du directeur de la police régionale catalane ou encore la fermeture des "représentations" catalanes dans le monde.

Mais les conséquences de cette déclaration d'indépendance unilatérale de la Catalogne, comme de la mise sous tutelle par Madrid, sont incalculables.

Signe de l'inquiétude en Europe, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (conservateur du Parti Populaire européen) a souligné vendredi que l'UE n'a "pas besoin d'autres fissures".

Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou encore Paris ont de même immédiatement fait savoir qu'ils soutenaient l'unité de l'Espagne. Et une des rares voix à soutenir les indépendantistes est venue de l'île française de Corse, dominée par les autonomistes.

Cependant, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé Madrid à choisir "la force de l'argument plutôt que l'argument de la force", alors que beaucoup craignent que la Catalogne ne soit entraînée dans une spirale de troubles face à la tentative de reprise en main par l'Etat.

"Le gouvernement a adopté ces mesures pour éviter la prise en otage inadmissible d'une majorité des Catalans et le vol d'une partie du territoire au reste des Espagnols", a plaidé M. Rajoy.

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