PLF2018: Pas de logements sociaux à 400.000 dirhams avant 2020

Publication: Mis à jour:
BOUSSAID PLF2018
Ministère des Finances MAROC
Imprimer

PLF2018 - Ça s’annonce mal pour les promoteurs immobiliers. Le plan de bataille du secteur, mené par le désormais ex-ministre de l’Habitat Mohammed Nabil Benabdellah et relatif aux logements sociaux à 400.000 dirhams ciblant la classe moyenne, n'est pas à l’ordre du jour, en tout cas pas avant 2020. C’est ce que vient d’annoncer le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, lors d’une présentation à la presse des grandes lignes du Projet de loi de Finances 2018 (PLF2018), ce jeudi 26 octobre. Interpellé sur ce sujet, l’argentier du royaume a remis en cause la pertinence de l’exonération de l’IS des entreprises opérant dans le secteur qui serait selon lui "inopportune".

On veut soutenir la classe moyenne, pas gonfler les comptes des promoteurs

"Le projet est toujours en discussion, mais il faut savoir si l’on souhaite soutenir la classe moyenne ou gonfler les comptes d’exploitations des promoteurs immobiliers", s’est exclamé le ministre. Il serait en tout cas prématuré d’avancer d’autres arguments tant qu’une évaluation complète du programme de logements sociaux, lancé en 2010, n’est pas réalisée, prévient Boussaid. Évaluation qui ne pourra avoir lieu qu’à la date d’échéance du programme, en 2020.

Ce qui n’est pas pour relancer le secteur du BTP qui a connu une déprime en 2017, les ventes de ciment ayant régressé de 4,2% à fin septembre selon les indicateurs de conjoncture présentés dans le cadre du PLF2018. Ce déclin est dû avant tout à la baisse des mises en chantier surtout dans l’auto-construction et le ralentissement des chantiers de travaux publics dû au blocage gouvernemental en début d’année.

7,5 milliards de DH pour le développement rural

Le ministre ne délaisse pas pour autant le volet social. C’est même tout le contraire puisqu’il en fait un cheval de bataille pour la prochaine année. À ce titre, et comme nous l’avions annoncé, près de 50% du budget global de l’État, soit plus de 130 milliards de dirhams sera alloué au profit des secteurs sociaux que ce soit dans le cadre de l’enseignement, la santé ou pour l’accélération de la mise en en œuvre du programme royal de lutte contre les disparités territoriales et sociales dans le monde rural. Ce programme, annoncé par le roi lors du discours du Trône de 2015, bénéficiera de 3,5 milliards de dirhams comme crédits de paiement au titre de 2018 et de 4 milliards de dirhams d’engagements pour 2019.

L’emploi, et plus particulièrement celui des jeunes, occupe également une place de choix dans le texte de loi budgétaire. Selon les chiffres du ministère, la création nette d’emplois a été de 74.000 postes en glissement annuel au 2e trimestre 2017. Le gouvernement souhaite faire plus et annonce la création d’environ 100.000 postes budgétaires au titre des années 2017 et 2018, y compris les contractuels, pour un coût global de 8 milliards de dirhams.

Arriérés TVA, la bonne nouvelle

Pourtant, et malgré les efforts consentis par l’exécutif, l’emploi est une question de tissu entrepreneurial. "C’est au privé qu’incombe la mission de créer des emplois pérennes et nous ferons en ce sens tout ce qu’il faudra pour leur faciliter la tâche", a annoncé Mohamed Boussaid qui justifie ainsi le geste fiscal fait aux entreprises, notamment à travers l’IS progressif. Et parce que, de l’avis même du ministre, le levier fiscal reste insuffisant, une batterie d’autres mesures, destinées à favoriser l’investissement, a fait également son entrée au PLF2018.

À noter qu’une très bonne nouvelle a été annoncée par le ministre des Finances qui a promis le remboursement des 10 milliards de dirhams d’arriérés de la TVA dus aux entreprises... en intégralité. Une solution globale sera annoncée en ce sens très bientôt.

LIRE AUSSI: