Après avoir été reçu par le roi, Nizar Baraka pourrait-il remettre le parti de l'Istiqlal sur l'échiquier du gouvernement?

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AUDIENCE ROYALE
MAP
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PARTI DE L'ISTIQLAL - Élu le 7 octobre à la tête du parti de l’Istiqlal (PI), Nizar Baraka a été reçu, hier soir au palais royal de Rabat, par le roi Mohammed VI. Une audience au cours de laquelle le souverain a salué les qualités du nouveau secrétaire général, indique la MAP, "l’abnégation et le dévouement dont il a fait preuve dans l’accomplissement des différentes missions qui lui ont été confiées". Pour Nizar Baraka, cette audience royale représente "une véritable impulsion pour notre rôle en tant qu’acteur principal dans la réhabilitation de la vie politique dans notre pays", a-t-il affirmé dans une déclaration à l’issue de l’audience royale, relayée par la MAP.

Son projet "Pour un parti de l’Istiqlal acteur dans la mutation sociale", qu’il avait présenté le 25 septembre dernier lors d’un point de presse, sera donc sa feuille de route. Présenté comme étant le fruit d’une concertation avec l’ensemble des composantes du parti, ce projet promet de relancer ce dernier sur l’échiquier politique. Démocratie interne, dynamique régionale, écoute du citoyen... 39 mesures ont été définies par Nizar Baraka pour assurer une renaissance au parti de l’Istiqlal.

Une renaissance qui a toute ses chances de se concrétiser. Le nouveau secrétaire général s’est dit prêt à un retour au gouvernement et, au sein des structures de son parti, on se penche sur les questions fondamentales pour la politique nationale. Deux comités travaillent ainsi sur "le nouveau modèle de développement" et sur "la politique de la jeunesse" pour présenter la vision du parti de l’Istiqlal.

À en croire le politologue Ahmed El Bouz, que le parti de l’Istiqlal rallie le gouvernement relève du "naturel". "C’est un présumé participant. Il n’a pas d’objection de principe sur l’acte même de participer au gouvernement", affirme-t-il au HuffPost Maroc. Et de rappeler que l’éventualité de sa participation à ce gouvernement avait été liée à la personne de Hamid Chabat, l’ancien secrétaire général. "L’obstacle Chabat a été levé, donc les calculs ayant éjecté le parti de l’Istiqlal de la majorité n’ont plus droit d’être", déduit-t-il.

Toutefois, le scénario d’un éventuel retour du parti de la Balance à la majorité comporte un risque, celui "de donner de nouvelles dimensions à la décision royale de limoger les trois ministres", analyse Ahmed El Bouz. Et d'estimer que "la décision royale ne sera plus une réaction contre certaines pratiques constatées lors de la réalisation des projets liés au programme 'Manarat Al Moutawassit', mais elle donnera l’impression d'être une sorte de préparation à un remaniement gouvernemental".

Pour y voir plus clair, il faudra attendre de connaitre les nouveaux profils qui seront désignés pour remplacer les ministres limogés. "Seront-ils du même parti auxquels les ministres désavoués appartiennent?", s’interroge le politologue, pour qui le parti de l’Istiqlal garde toutes ses chances de retrouver sa place au sein de ce gouvernement, si ce dernier subi effectivement un remaniement. Sinon, c'est au prochain qu'il pourrait retrouver sa place et pourquoi pas à la tête du gouvernement. Une éventualité que n'exclut pas ce politologue.

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