Qui sont ces "Hajjates" peu banales que vous verrez bientôt sur les écrans de cinéma?

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AFFICHETTE DEF
Lhajjates
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CINEMA - Attention, ces "hajjates" ont soif de vengeance. Des personnages que le public est invité à retrouver dans le nouveau film du réalisateur Mohammed Achaour, "Lhajjates", qui sortira dans les salles marocaines mercredi 8 novembre.

Le film suit les tribulations de femmes sexagénaires qui décident de prendre leur revanche sur une "vie d'injustices". "Le background du film est l'injustice faite aux femmes, mais l'histoire se développe à un autre extrême puisqu'elles vont se faire justice elles-même", explique au HuffPost Maroc Mohamed Achaour, réalisateur du film.

Mohamed Achaour confie avoir commencé à écrire le scénario de ce film en 2007, et l'histoire a fini par s'imposer à lui au fil du temps: "je pense que c'est une thématique qui me préoccupe depuis quelques années. En n'étant qu'acteur de ma société, beaucoup de choses sont intolérables par rapport à l'injustice, la hogra... Pour moi, il était évident d'en parler dans une histoire".

Fait original souligné par le réalisateur: ces héroïnes sexagénaires représentent une rareté dans le cinéma national. "Voilà une autre chose que je ne peux pas tolérer: le fait que la femme marocaine, à partir de 50 ans, commence à entendre qu'elle doit rester à la maison et attendre son heure. Dans le discours collectif, elle n'est plus séduisante, n'est plus une personne, juste une mamie, ou une sorte de personne accessoire que l'on vient visiter de temps en temps."

Une image désastreuse contre laquelle le réalisateur compte bien lutter: "une femme reste une femme jusqu'à ce qu'elle s'éteigne, et peut donner beaucoup de choses au pays, continuer à aimer, à travailler."

Au casting, on retrouve notamment Raouia (le réalisateur avoue avoir écrit le rôle qu'elle interprète en pensant à elle), Souad Hassan, Fatema Bouchan, Mina Touraf ou encore Momo et Leila Haddioui, stars respectivement de la radio et du petit écran. "Le choix de Momo et Leila est celui de quelqu'un qui veut présenter de nouveaux visages", éclaire le réalisateur.

Make 'em laugh

Pour faire passer son message au public, Mohammed Achaour a choisi le genre de la comédie. Un choix en réponse à "l'ambiance actuelle". "La comédie permet de faire passer la pilule un peu plus facilement, sinon le film serait ennuyeux. Aujourd'hui l'ambiance générale est un peu à la dépression. Quand on veut parler de choses graves, on peut y mettre un peu de drôlerie, de comédie pour que le discours puisse passer". Le réalisateur dit s'inspirer notamment de Charlie Chaplin. "Quand il fait ses comédies en parlant des misères de l'humanité, il le fait de manière drôle et burlesque, mais on sent tout de même la gravité du sujet".

Si "Lhajjates" est une première expérience pour le réalisateur dans la comédie grand public, ce dernier n'exclut pas de revenir à ses premiers essais, avec un cinéma plus intimiste. "Ce n'est pas la cible de mon public mais l'histoire qui s'impose à moi", tranche-t-il. Le résultat sera à apprécier bientôt, sur grand écran.

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