"Volubilis" ouvrira en avant-première le bal du 22e Festival international du cinéma d'auteur de Rabat

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VOLUBILIS
Volubilis / Faouzi Bensaidi
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CINÉMA - Après la Mostra de Venise et le Festival International du Film de Busan, c'est à Rabat, ce vendredi 27 octobre, que le réalisateur marocain Faouzi Bensaidi présentera en avant-première son dernier film Volubilis, dans le cadre du 22e Festival international du cinéma d'auteur de Rabat.

"Volubilis" c'est une histoire d'amour entre Malika et Abdelkader, une femme de ménage et un agent de sécurité. Ils sont pauvres mais s'aiment passionnément. Ils rêvent de s'enfuir et vivre leur amour loin des contraintes et obstacles que leur impose la vie. Les rapports de classes sont abordés en toile de fond de ce film qui dénonce l'économie mondiale et les difficultés rencontrées par la société actuelle. "Ce n'est pas un film manichéen qui dépeint le bien ou le mal, concrètement c'est un film qui dresse un portrait large et humain de notre société", détaille Faouzi Bensaidi au HuffPost Maroc.

Des personnages forts et charismatiques, des gros plans, peu de dialogues mais beaucoup d'émotions, ce film se veut surtout proche de la réalité. "Il y a aussi un désir de cinéma et de beauté, le film est traversé par une énergie particulière", explique le réalisateur. Et par une esthétique empruntée aux mélodrames égyptiens des années 50 et 60 et leurs histoires d'amour impossible.

Faouzi Bensaidi, après 6 ans d'absence derrière la caméra, vient présenter ce film qu'il espère bien accueilli par le public marocain. Le Festival lui rendra par ailleurs hommage cette année, en mettant à l'honneur sa carrière cinématographique et sa belle contribution du cinéma marocain. Il présidera le jury du festival qui départagera les 13 films en compétition cette année.

Le cinéma d'auteur, un peu timide au Maroc

Si ce genre n'est pas plébiscité par le public marocain, c'est parce qu'il y a "des malentendus", selon Faouzi Bensaidi. À toutes les personnes qui pensent que le cinéma d'auteur est réservé aux élites intellectuelles, il répond "qu'il ne faut pas avoir lu Nietzsche pour comprendre ces films: il y a autant d'humour, d'amour, de rires et de larmes que dans les films grand public. C'est important d'avoir ce genre de festivals au Maroc qui permettent de montrer autre chose aux gens, de les inviter à la réflexion autour de beaux films qui reflètent des moments de vies et la réalité", ajoute-t-il.

Ce festival, unique au Maroc, offre une plateforme aux réalisateurs marocains qui peinent à diffuser leurs films dans les salles du royaume, frileuses à programmer ces oeuvres car pas assez rentables. "C'est un positionnement assez fort, que propose ce festival. Il a été fait car on en a besoin, il y a un besoin de marquer de manière claire le fait que ce cinéma, fragile, est nécessaire dans un paysage culturel comme le nôtre. Il faut affirmer ce genre pour montrer que le cinéma doit se regarder comme de l'art et non comme un produit", conclut le réalisateur.

Carte blanche au cinéma suédois

Cette année au Festival international du cinéma d'auteur de Rabat, le cinéma suédois et mis à l'honneur avec un hommage spécial au réalisateur suédois Roy Andersson et à sa contribution au septième art mondial. L'actrice marocaine Amal Ayouch, l'égyptienne Raja Jadaoui et le réalisateur libanais Christian Ghazi auront également droit à un hommage et des rétrospectives.

"Mimosas, la voie de l'Atlas" de Olivier Laxe, "Pluie de sueur" de Hakim Belabbes, "Dans ma tête un rond point" de l'Algérien Hassan Ferhani et "Burn out" de Nour-Eddine Lakhmari, "Zizou" du Tunisien Férid Boughédir entre autres, seront projeté durant ces dix jours de festival et représenteront le cinéma maghrébin.

Des courts-métrages seront également présentés dans la catégorie Art et Essai, comme le très attendu "Amore", du marocain Wadii Charrad, qui a filmé avec subtilité les tergiversations de l'amour dans un jeune couple.

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