Chantage au roi: Catherine Graciet et Eric Laurent de retour devant la justice

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ERIC ET CAHTHERINE
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JUSTICE - Vendredi 27 octobre, la justice française est appelée de nouveau à statuer sur l'affaire Laurent-Graciet. La Cour de cassation se réunira ce vendredi en assemblée plénière, rapporte l'AFP, soulignant qu'il s'agit là d'un fait rare. "Sa décision ne pourra plus être contestée", précise la dépêche de l'agence de presse française.

La Cour est appelée à statuer sur la validité des enregistrements clandestins à l'origine de l'inculpation des journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent, soupçonnés de tentative de chantage sur le roi Mohammed VI. Les deux journalistes qui avaient demandé trois millions d'euros au roi en 2015 pour ne pas publier un livre aux révélations compromettantes sur le royaume, avaient été inculpés en France pour chantage et extorsion de fonds. Ils avaient été interpellés après une réunion avec un émissaire du Maroc avec 80.000 euros en liquide sur eux. Cette réunion, enregistrée à leur insu, s'ajoute à deux autres enregistrements clandestins de Eric Laurent faits en amont par l'avocat Hicham Naciri.

En septembre 2016, la Cour de cassation française avait remis en cause la validité des ces enregistrements, réalisés avec la "participation indirecte" des enquêteurs français. Les avocats des journalistes avaient demandé l'annulation de ces enregistrements jugés "illégaux" et violant la loi pénale. Ils avaient par ailleurs écarté toutes accusations de chantage.

La cour d'appel de Reims, après celle de Paris, avait par la suite jugé ces enregistrements recevables en février 2017. Suite à cette décision, réfutée par Eric Laurent et Catherine Graciet, la Cour de cassation se prononcera à nouveau ce vendredi pour une ultime décision.

Les avocats du roi, Maitres Dupont-Moretti et Boussier s'étaient réjouis de la décision de la Cour d'appel de Reims "qui reconnait qu’il n’était pas de la responsabilité des enquêteurs de dissuader les plaignants de recourir à des enregistrements dont la légalité était justifiée par l’état de nécessité", avaient-ils déclaré.

"Rien en droit français n'interdit à une victime de chantage d'accumuler elle-même des preuves, y compris par des enregistrements clandestins, mais la procédure pénale encadre beaucoup plus strictement ces pratiques dès lors que des policiers y sont mêlés: l'initiative privée devient alors une procédure judiciaire", précise par ailleurs l'AFP.

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