Stress hydrique: une caravane de solidarité avec les habitants de Zagora

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ZAGORA
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EAU - "Nous allons les accueillir à 8 Km de l’entrée de Zagora. Ils seront entre 800 et 1000". Atmane Rizkou, le président de la section Zagora de l’Association démocratique des droits humains (AMDH), annonce les préparatifs mises en place pour recevoir une caravane de solidarité le dimanche 29 octobre à Zagora. Une initiative à laquelle associations, militants des droits de l’Homme, syndicats (19 sections locales) et étudiants prennent part. Objectif : revendiquer l’accès à l’eau et la libération des détenus suite aux sit-in et marches organisés pour clamer ce droit.

La caravane répond à l’appel du comité de soutien aux détenus de Zagora qui a rapidement fait boule de neige auprès des militants de tous bords. "Nous avons prévu que le convoi, en voitures et en autocars, se réunisse devant le siège local de l’AMDH vers 16h30. Après un mot de bienvenue à nos invités, chacun d’eux prendra la parole pour exprimer son soutien à notre cause collective. Les familles des détenus seront là, elles aussi, pour partager leur souffrance", explique ce militant.

Aux marches pour l’eau à Zagora le 24 septembre et le 8 octobre, une trentaine de personnes a été arrêtée. Le premier groupe est composé de 7 manifestants poursuivis en état de liberté provisoire qui comparaissent, pour la deuxième fois, devant le juge d’instruction, ce jeudi à la Cour d’appel de Ouarzazate. Tandis que le groupe des 23 autres, dont 8 mineurs en liberté provisoire, il affrontera la justice les 30 et 31 octobre.

Climat de tension

La caravane intervient donc dans un climat de tension qui, selon Atmane Rizkou, risque de se poursuivre longtemps. "À Zagora, la répression est automatique contre toute manifestation qu’elle qu’en soit la nature et la raison. Cette année, la liberté d’expression dans cette ville a été asphyxiée", s’indigne le président local de l’AMDH. Et d’ajouter: "Je ne sais pas ce qui nous attend dimanche. Mais nous avons remarqué que les forces de l’ordre se sont retirées des artères et de l’avenue principale de Zagora".

Pour Atmane Rizkou, la raison du retrait est intimement liée à la visite au Maroc, du 22 au 28 octobre, du Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. "Nous en avons profité pour transmettre, à travers notre bureau central, notre appel à ce Sous-comité onusien pour rendre visite aux détenus de Zagora. Ils ont fait l’objet de mauvais traitements", affirme-t-il.

Après la caravane de solidarité avec "le Hirak pour l’eau" à Zagora, une grève est prévue. Sa date, qui avait été fixée le 30 octobre, a finalement été reportée. "Nous l’organiserons dès que possible. Nous ne baisserons pas les bras tant que Zagora ne dispose pas de son droit à l’eau", prévient le président local de l’AMDH.
Une colère que n’apaise visiblement pas la volonté du gouvernement de régler le problème du stress hydrique dont souffre la région. "Les délais de réalisation des chantiers sont de plusieurs années, alors que nous avons besoin d’eau dans l'immédiat", souligne le militant.

Après la constitution d’une commission interministérielle, sur instruction royale donnée au conseil des ministres du 2 octobre, la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, Charafat Afailal, avait déclaré au HuffPost Maroc que le plan d’action privilégiera les zones les plus touchées par le stress hydrique: l’Oriental et le sud-est. La province de Zagora, nous avait-elle assuré, "fait l’objet de mesures d’urgence. Les travaux de forage de l’Office national d’eau potable et d’électricité sont en cours pour garantir l’accès à l’eau potable à tous les habitants".

Les promesses de Charafat Afailal

En visite dans cette province, hier, mercredi 25 octobre, la secrétaire d’Etat l’a d’ailleurs rappelé, précisant que des lâchers d’eau à partir du barrage Mansour Dahbi devront alimenter la nappe souterraine de Nbida "Ennebch". Le département de Charafat Afailal indique, dans un communiqué, que la première opération s’est déroulée au cours du mois de juin dernier alors qu’une deuxième est programmée à la mi-novembre prochain.

Il annonce aussi l’équipement d’un nombre de forages d’exploration à "El Fayja" et à "Ennebch". Pour cela, deux forages d’un débit de 50 litres par seconde, d’une enveloppe budgétaire de 12 millions de dirhams, sont prévus à Nbida "El Fayja". Leur exploitation, elle, est attendue avant l’été 2018.

Au programme de Charafat Afailal, des travaux d’entretien et de maintenance du réseau de distribution de l’eau sont également sur la liste. D’un coût estimé à 13.5 millions de dirhams, ces travaux arriveront à terme avant la fin de 2018, d’après le secrétariat d’Etat. Et d’ajouter qu’une alimentation de la nappe souterraine est prévue dans la province à travers la réalisation de seuils, barrages collinaires et barrages souterrains pour une exploitation meilleure des eaux de crues.

Charafat Afailal a effectué avec le gouverneur de la province une visite de terrain au chantier de réalisation du barrage Agdz dans la commune d’Oufela Nedra. D’une retenue avoisinant les 316 millions de mètres cubes, ce barrage promet de contribuer à moyen et long terme à renforcer l’alimentation en eau potable de la population de la ville de Zagora et des centres à proximité.

La secrétaire d’Etat s’est aussi rendue sur le terrain de la réalisation de la station de déminéralisation des eaux de Nbida "Ennebch" d’un débit de 60 litres par seconde et dont le coût est de près de 70 millions de dirhams. Les travaux de cette station ont démarré, précise-t-on, durant le mois d’août 2017 et son exploitation est prévue durant l’été 2018 afin de permettre le renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Zagora.

Après Zagora, Charafat Afailal est, aujourd'hui, à Tata, plus précisément à "Foum Zguid", pour examiner avec les autorités publiques les moyens de remédier au problème du stress hydrique. La secrétaire d'Etat compte sur "la solidarité collective afin de répondre aux besoins en eau".

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