Le prince héritier promet une Arabie saoudite "modérée et tolérante"

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SAOUDIA ARABIA
FAYEZ NURELDINE VIA GETTY IMAGES
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Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a affirmé mardi que son pays, réputé ultraconservateur, allait renouer avec un islam "modéré et tolérant" et a promis de "détruire l'extrémisme très bientôt".

"Nous ne ferons que retourner à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde et toutes les autres religions", a déclaré le prince, âgé de 32 ans, lors d'une conférence économique à Ryad en présence de 2500 délégués, dont des investisseurs étrangers.

Il a estimé que l'Arabie saoudite avait abandonné la modération en 1979 avec la montée en puissance de courants religieux extrémistes.

"Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant", a-t-il assuré.

"Nous allons détruire l'extrémisme très bientôt", a insisté le jeune prince, dont les propos ont été ponctués par de francs applaudissements.

Cette intervention apparaît comme l'attaque la plus directe adressée par un haut responsable saoudien aux milieux religieux conservateurs du royaume.

Depuis sa nomination le 21 juin au poste de prince héritier, Mohammed ben Salmane s'est attaché à desserrer le carcan des milieux religieux sur la société saoudienne.

Il est considéré comme l'inspirateur de la décision en septembre de lever l'interdiction qui était faite aux femmes de conduire.

À noter que la répression des libertés et le statut de la femme dans le royaume wahhabite sont objets à de nombreuses critiques face à la persistance de discriminations et d'inégalités frappantes à l'égard des Soudiennes. À titre d'exemple, outre l'interdiction de conduire, pour pouvoir se rendre à l'étranger, travailler, bénéficier de soins de santé, se marier ou être libérée de prison après avoir purgé sa peine, les femmes ont besoin de l'autorisation explicite d'un tuteur, qui peut être leur père, leur frère, leur mari et même leur fils, comme l'a démontré un rapport accablant de l'ONG Human Rights Watch (HRW).

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