Le Maroc lancera son premier satellite d'observation le 8 novembre depuis la Guyane

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Le Maroc lancera son premier satellite d'observation le 8 novembre depuis la Guyane | Airbus Defence and Space
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SATELLITE - Le Maroc s'apprête à lancer son premier satellite d'observation. La mise en orbite sera effectuée le 8 novembre prochain depuis Kourou, en Guyane française, ville qui abrite une base spatiale. Un deuxième satellite marocain devrait être lancé en 2018.

Construit par l'entreprise française Thales Alenia Space, avec Airbus Defence and Space, le premier satellite, baptisé Moroccan EO Sat1, sera lancé à l'aide d'une fusée Vega d'Arianespace, rapporte le quotidien espagnol El Pais. Le Maroc deviendra le troisième pays d'Afrique, après l'Egypte et l'Afrique du Sud, à avoir son propre satellite d'observation.

Le contrat avait été signé en toute discrétion en avril 2013 lors de la visite de l'ancien président français François Hollande à Rabat. Le montant du contrat des deux satellites avait cependant été révélé en 2014 par le quotidien français La Tribune: il s'élève à 500 millions d'euros, une somme confirmée par le HuffPost Maroc.

Les deux satellites permettent de prendre des images du territoire à très haute résolution (70 centimètres dans une bande de 800 kilomètres, selon El Pais) et sont capables de prendre quotidiennement 500 images et de les envoyer à la station au sol toutes les six heures. Chacun d'eux pèse 970 kilos et gravitera à 695 kilomètres de la terre.

Ces nouveaux satellites "espions" permettront au Maroc une meilleure observation du territoire, notamment aux frontières, pour lutter contre l'immigration clandestine et les trafics de contrebande, suivre les groupes djihadistes opérant dans le Sahel, comme AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), et les pirates qui sévissent dans le Golfe de Guinée, précise le quotidien espagnol.

"Sur le terrain des satellites espions, l'Espagne dispose depuis plus de deux décennies d'images fournies par le programme Helios, partagé avec la France, la Belgique, l'Italie et la Grèce", ajoute la même source, qui précise que la participation financière espagnole à ce satellite optique et infrarouge de grande capacité étant limitée à 2,5%, le pourcentage d'images que l'Espagne est en droit d'exiger n'est pas plus élevé.

Fort de deux satellites, le royaume prend ainsi un avantage certain sur son voisin espagnol, en étant en mesure d'obtenir des informations détaillées sur les installations militaires et les mouvements de troupes de l'Espagne, mais aussi de l'Algérie et du Polisario au Sahara.

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