La proposition de Bouchamaoui de retirer le billet de 50 dinars, est-ce une bonne idée? Un expert répond

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A shopkeeper counts money in of his shop at a bazar in Tunis, Tunisia August 10, 2016. REUTERS/Zoubeir Souissi | Zoubeir Souissi / Reuters
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Pour générer des ressources additionnelles à l'État, la présidente de l'organisation patronale Wided Bouchamaoui a évoqué le retrait du billet de 50 dinars. Une mesure qui, selon elle, permettra de limiter les fuites de capitaux et dévoiler les fraudeurs et les contrebandiers qui travaillent, essentiellement, avec ce billet.

"C'est une bonne solution" a commenté l'expert en risques financiers, Mourad Hattab, sur les ondes de Shems Fm.

Hattab a indiqué que cette mesure pourrait être une tentation d'enrayer l'évasion fiscale, juguler l'inflation et limiter le blanchiment d'argent. Il a fait savoir que le tiers de liquidité en circulation se trouve dans l'informel. En effet, selon les statistiques, le niveau de transactions effectuées en liquide dans le pays dépasse annuellement les 11 milliards de dinars, alors que les banques tunisiennes connaissent un manque de liquidité équivalent à 9 milliards de dinars.

D'après l'expert, une telle mesure pourrait réduire ce déficit de liquidité de 20 à 30% et générer plus de 2 milliards de dinars. Il s'avère que c'est un moyen efficace pour stopper l'hémorragie de fuite de liquidité dans les circuits informels, a-t-il indiqué en précisant que l'expérience a été menée par plusieurs pays et a donné des résultats fructueux.

Mais d'après Hattab, deux autres mesures sont aussi efficaces et pourraient générer de nouvelles ressources financières pour l'État. Il s'agit de collecter les sommes dues auprès des citoyens et les impôts de marchandises non déclarées à la Douane. Selon Hattab, près de 17 millions de dinars pourront être encaissées à la suite de l'adoption de ces mesures.

La présidente de l'UTICA a, à son tour, évoqué la nécessité de mettre de nouveaux dispositifs au niveau de la Douane et spécialement au port de Radès. Elle a annoncé, dans une déclaration accordée, à la TAP, que la dégradation des services au port de Radès coûte à l'économie nationale 300 millions d'euros, par an soit près de 900 millions de dinars.

Elle a, encore, fait savoir qu'un million de Tunisiens travaillent dans le secteur de l'informel, selon les statistiques publiées par les Nations Unies en 2015, appelant le gouvernement à mettre en place un programme de deux à cinq ans, pour l'intégration de ces derniers dans le secteur organisé, ce qui va générer des ressources additionnelles pour l'État, par le biais des contributions sociales et le paiement de l'impôt sur le revenu.

En résumé, selon Bouchamaoui "l'intégration du secteur informel dans l'économie organisée, le retrait du billet de 50 dinars et la restructuration du port de Radès sont des mesures de nature à fournir à l'Etat des ressources additionnelles, et ce sans les charges des entreprises organisées.

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