Le sulfureux photographe Terry Richardson (enfin) banni des plus grands magazines de mode

Publication: Mis à jour:
TERRY RICHARDSON
Terry Richardson arrives to attend a presentation of Tom Ford's Autumn/Winter 2016 collections during New York Fashion Week in the Manhattan borough of New York, U.S., September 7, 2016. REUTERS/Lucas Jackson | Lucas Jackson / Reuters
Imprimer

HARCÈLEMENT - Les masques tombent un à un. L'affaire Harvey Weinstein a fait sortir de l'ombre les affaires enfouies dans la peau des victimes et dans la mémoire de ceux qui savaient. Accusé de harcèlement, d'agression sexuelle et de viol, les agissements du producteur américain ont libéré la parole de dizaines de femmes suivies par des milliers d'autres sur les réseaux sociaux sous les hashtag #MeToo ou #BalanceTonPorc.

Ces derniers jours, si certaines victimes ont témoigné sans nommer leur agresseur, les noms de Roman Polanski, Gilbert Rozon, Jean Lassalle ou encore Tariq Ramadan en France ont fait surface. Ce lundi 23 octobre, celui de Terry Richardson a été cité dans un article du site The Telegraph qui affirme que le célèbre photographe américain, considéré comme le roi du "porno chic", est banni des plus grands magazines de mode dont Vogue.

C'est un mail transmis lundi aux rédaction du groupe Condé Nast International qui a fuité: il est désormais interdit aux titres Vogue, Vanity Fair, GQ, Glamour et Wired de collaborer avec lui.

"Tout shooting qui aurait été planifié ou déjà effectué par Terry Richardson mais pas encore publié doit être supprimé ou remplacé par d'autres contenus, a envoyé le vice-président de Condé Nast, James Woolhouse. Merci de confirmer que cette mesure sera immédiatement appliquée".

Dans un article du Times du 22 octobre dernier, la rédaction se demandait au sujet du photographe qui a travaillé avec Beyoncé, Lady Gaga ou Rihanna: "Pourquoi est-ce que Terry Richardson demeure prisé des fashionista?". Connu pour avoir réalisé en 2013 le clip "Wrecking Ball" dans lequel Miley Cyrus apparaissait nue, l'artiste avait fait l'objet la même année d'une pétition signée par plus de 38.500 personnes demandant aux grandes marques d'arrêter de collaborer avec cet "agresseur sexuel et pornographe".

Régulièrement visé par des rumeurs de harcèlements et d'agressions sexuelles, celui que le Times surnomme le "Harvey Weinstein de la mode" avait répondu à ces accusations dans une tribune publiée chez nos confrères américains du HuffPost.

"J'ai collaboré avec des femmes adultes consentantes qui étaient pleinement conscientes de la nature du travail, et comme c'est le cas pour tout projet, tout le monde a signé des autorisations avait-il expliqué en 2014. Je n'ai jamais utilisé une offre de travail ou une menace de réprimande pour contraindre quelqu'un à faire quelque chose qu'il ne voulait pas faire". Cette année-là, le mannequin Emma Appleton avait déclaré que le photographe lui avait proposé de la faire poser pour Vogue si elle acceptait de coucher avec lui.

Suite à l'annonce de ce bannissement, un porte-parole de Terry Richardson a réagi auprès de BuzzFeed News ce mardi. "Terry est déçu d'apprendre l'existence de cet email, car il a déjà parlé de ces vieilles histoires, a fait savoir l'un des représentants du photographe. C'est un artiste qui est connu pour son travail sexuellement explicite. La plupart de ses interactions professionnelles avec ses modèles étaient donc sexuelles et de nature explicite, mais tous les sujets ont participé à son travail volontairement", a-t-il fait savoir.

LIRE AUSSI: