Ghannouchi, Nidaa Tounes, Al Azhar, l'affaire du bisou... Abdelfattah Mourou revient sur les dossiers phares de l'actualité tunisienne

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Invité lundi sur le plateau du France 24, Abdelfatteh Mourou, figure de proue du mouvement Ennahdha et vice-président de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a fait le tour de l'actualité tunisienne. De la relation entre Ennahdha et Nidaa Tounes à son point de vue sur les élections législatives en Allemagne en passant par l'affaire du baiser, Mourou n'a pas hésité à hausser le ton pour critiquer certains faits.

Al Azhar ferait mieux de se mêler de ses affaires

Mourou est revenu sur l’égalité dans l’héritage et la loi permettant aux Tunisiennes de se marier avec des non-musulmans. Il a évoqué, d'ailleurs, la réaction d'Al Azhar à ce sujet. "Je respecte l'institution d'Al Azhar, mais je refuse catégoriquement le fait qu'elle s'immisce dans les affaires internes de la Tunisie" a-t-il martelé.

Il a pointé du doigt Al Azhar de vouloir dégager des positions politiques afin de servir d'autres intérêts particuliers. Et d'arguer qu'au lieu de se concentrer sur ses propres problèmes et critiquer ce qui se passe en Égypte, Al Azhar préfère fermer les yeux sur ces dossiers et se pencher d'avantages sur les affaires d'autres pays qui ne la concernent même pas.

En effet, la polémique autour de l'égalité devant l'héritage a suscité de vives réactions de la part d'Al Azhar. Ce dernier a fortement critiqué la proposition lancée par le président de la République et l'a qualifiée d'"une violation flagrante des préceptes" de l'Islam. Une réaction qui n'a pas plu aux Tunisiens qui ont manifesté leur indignation face aux propos du vice grand imam de la mosquée Al Azhar.

Rached Ghannouchi en lice pour la présidentielle?

Mourou a écarté l'hypothèse de voir Rached Ghannouchi se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Il a estimé que ce dernier est bien conscient de l'importance de son rôle en dehors des murs du Palais de Carthage. "Vu que le président de la République est fortement limité dans ses prérogatives, il a besoin des autres parties politiques pour appuyer ses choix, et c'est ce qu'est en train de faire Rached Ghannouchi" a-t-il souligné.

Mourou a estimé, par ailleurs, que Ghannouchi n'a pas l'intention de se présenter même pour un nouveau mandat à la tête de son parti politique. Il a précisé que ce dernier est convaincu qu'au cours de cette période, il mettrait fin à "ses tâches".

Le verdict relatif à l'affaire du bisou est sévère

Le vice-président d’Ennahdha a estimé que le verdict rendu dans "l’affaire du bisou" était sévère. Selon lui, c'est le revers de la médaille de l'indépendance absolue de la justice. Il a expliqué que les verdicts différent selon l'interprétation personnelle du juge, et ce loin de la répression de l'État. "Ce n'est pas une politique menée par le gouvernement," a-t-il souligné.

"Le verdit est sévère, mais on respecte la décision du juge" a-t-il encore indiqué en ajoutant que ce dernier n’a pas pris en compte certaines irrégularités qui ont marqué cette affaire.

La justice tunisienne a condamné en appel, mercredi dernier, un franco-algérien et une tunisienne dans le cadre de l'affaire connue sous le nom "affaire du bisou". Lui a été condamné à quatre mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur" et "outrage à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions", et elle à deux mois pour le seul premier chef d'inculpation.

C'est pour cette raison qu'on soutient le candidat de Nidaa Tounes

Interrogé sur le consensus entre Nidaa tounes et Ennahdha autour du candidat aux élections législatives partielles dans la circonscription d’Allemagne, Mourou a indiqué que le profil de Fayçal Haj Taieb fait l'objet de concertation de deux partis. Il a indiqué que Haj Taieb, médecin de profession, jouit d'une bonne réputation qui laisse les deux rivaux se mettre d'accord sur sa candidature. "C'est un consensus à un stade avancé" a-t-il dit.

Du 15 au 17 décembre prochains, les Tunisiens d’Allemagne sont appelés à élire leur député, dans le cadre d’une législative partielle.

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