Hirak: Un appel à manifester dans tout le Maroc samedi prochain

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ZEFZAFI
Moroccan activist and the leader of the protest movement Nasser Zefzafi gives a speech during a demonstration in the northern town of Al-Hoceima, seven months after a fishmonger was crushed to death inside a garbage truck as he tried to retrieve fish confiscated by the police, in Al-Hoceima, Morocco May 18, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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MOBILISATION - Pour commémorer la disparition de Mouhcine Fikri, ils investiront les rues pour crier leur colère. Le comité national de soutien du Hirak lance un appel à manifester le samedi 28 octobre dans tout le Maroc à partir de 18h. Mot d’ordre: "Liberté immédiate des détenus du Hirak et soutien à leur dossier revendicatif". Les sit-in devront, pour le comité national, dénoncer "l’inconscience" et "l’échec" des responsables "à gérer le dossier" d’Al Hoceima.

Dans un communiqué, le comité précise que son appel à organiser des sit-in trouve aussi sa légitimité dans la volonté d’exprimer sa solidarité avec les détenus du Hirak et leurs familles, et de ne pas oublier "les martyres du Hirak". En plus de Mouhcine Fikri, s’ajoutent sur la liste que cite le communiqué Imad Attabi, Abdelhafid El Haddad et cinq autres militants du Hirak décédés le 20 février 2011.

Pour le comité national, ce sera aussi l’occasion de réitérer la revendication des militants des droits de l’Homme de libérer les détenus du Hirak "sans aucune condition" et "de sauver les grévistes de la faim". Le comité national estime, dans son communiqué, qu’il est temps d’"ouvrir un dialogue public avec les leaders du Hirak autour de son dossier revendicatif".

Un appel qui intervient au moment où les procès des détenus du Hirak se tiennent presque chaque mardi à la Cour d’appel de Casablanca. Ce mardi, la première audience du procès de Nasser Zefzafi a été suspendue, pour être reportée au même jour de la semaine prochaine.

Nos confrères d’Al Yaoum24 décrivent "une séance houleuse" lors de laquelle "Nasser Zefzafi a scandé: 'la mort et non le mépris' et 'vive le Rif'". Des slogans repris en chœur par un groupe d’une trentaine de détenus qui l’accompagnait et par les familles qui ont envahi la salle d’audience, toujours d’après Al Yaoum24.

En attendant une nouvelle audience

Selon la MAP, l’ajournement de l’audience est lié à la demande des avocats de la défense d’un délai d’au moins trois semaines afin "d’avoir de nouvelles concertations avec leurs clients et approfondir l'examen du dossier". Le parquet, ajoute la même source, a, toutefois, insisté sur "le déroulement du procès dans des délais raisonnables", soulignant "sa disposition à fournir à la défense tout document qu’elle juge important". Une séance consacrée à l’examen des requêtes de liberté conditionnelle au profit de certains mis en cause et de la demande du ministère public de joindre tous les dossiers des accusés dans les événements d’Al Hoceima se tiendra jeudi, précise par ailleurs la MAP.

Sur la liste des chefs d’inculpations qui pèsent sur les détenus du Hirak, rappelle l'agence, figurent "atteinte à la sécurité intérieure de l’État", "tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage" et "réception de fonds, de donations et d’autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d’attenter à l’unité et la souveraineté du royaume". À la liste s’ajoutent aussi les accusations "d’ébranler la loyauté des citoyens envers l’État marocain et les institutions nationales", "la participation à l’organisation d’une manifestation non autorisée" et "la tenue de rassemblements publics sans autorisation".

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