L'extrême droite britannique utilise les images de l'agression d'un homosexuel au Maroc pour stigmatiser les migrants

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FAKE NEWS - En juin 2015, la vidéo d'un homme vêtu d'une robe et battu par des badauds, à Fès, avait fait le tour de la toile. Une scène extrêmement violente devenue un des symboles de la violence subie par les membres de la communauté LGBT au Maroc. Aujourd'hui, cette même vidéo est utilisée pour stigmatiser une toute autre communauté: celle des migrants.

Paul Golding, leader du groupe d'extrême-droite britannique "Britain First", a récemment publié sur son compte twitter cette même vidéo, affirmant à tort que les images dévoilent un groupe de migrants "musulmans" attaquant une femme.

Malgré le caractère mensonger de ce partage, la vidéo partagée a été retweetée plus de 500 fois et commentée plus d'une centaine de fois sur le réseau social.

Une figure controversée

Figure controversé de l'extrême droite, Paul Golding est un habitué de la propagation de fake news par le biais des réseaux sociaux. Il fait également régulièrement son apparition dans la rubrique des faits divers de son pays. Il a notamment été poursuivi par la justice britannique pour avoir mis un coup de tête à un instructeur d'arts martiaux, et sera jugé le 7 novembre prochain.

Paul Golding est également poursuivi avec la député Jayda Fransen pour "harcèlement à caractère religieux", rapporte The Telegraph. Ces derniers ont notamment publié des vidéos et distribué des tracts pendant le procès de trois hommes musulmans, poursuivis et condamnés pour le viol d'une adolescente. Les deux figures de "Britain First" devraient comparaître début 2018 devant des magistrats plutôt que devant une cour britannique, précise le Daily Mail.

Un précédent américain

Ce n'est pas la première fois qu'une vidéo filmée au Maroc sert à alimenter les Fake News. Pendant la campagne présidentielle américaine, une vidéo de campagne de Donald Trump diffusait une brève séquence montrant des dizaines de personnes, présentées comme des Mexicains, semblant courir pour tenter de traverser une frontière grillagée.

En réalité, ces images dataient de mai 2014 et montrait des migrants tentant de traverser la frontière séparant le royaume de l'enclave de Melilla. La campagne de Donald Trump a ensuite tenté de se justifier en déclarant que l'utilisation de ces images était "intentionnelle et choisie pour montrer le grave impact d'une frontière ouverte et la vraie menace à laquelle font face les Américains, si nous ne construisons pas immédiatement un mur pour arrêter l'immigration clandestine".

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