Cinemed: « Bab El Web », plongée dans le quartier populaire d'Alger

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AFFICHE DU FILM BAB EL WEB
Bab el Web
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Alors que le cinéma algérien est à l’honneur au Cinemed, les équipes du festival ont choisi de rendre hommage à Merzak Allouache. Ce grand réalisateur algérien a à son actif plus d’une quinzaine de long-métrages. Cet après-midi, les spectateurs ont pu (re)découvrir au Corum, à Montpellier, « Bab El Web », plus de douze ans après sa première sortie en France. Cette comédie réunissait Samy Nacéri, Julie Gayet et le chanteur Faudel.

Avec « Bab El Web », Merzak Allouache nous plonge dans l’ambiance de ce quartier du même nom, situé à l’ouest d’Alger. Dans ce film, il nous raconte la vie de deux frères, Kamel (joué par Samy Naceri) et Bouzid (interprété par Faudel). Le premier est solitaire et taciturne. Il a pour ami un bélier nommé « Japonais ». Le second est d’un caractère plus jovial. Ce dernier est un passionné du web. Via internet, il tisse des contacts avec des filles du monde entier et les invite à visiter l’Algérie. Un jour, Laurence (Julie Gayet), sa correspondante de tchat d’origine française, lui annonce qu’elle vient en Algérie. Et, c’est ainsi que la vie des deux frères bascule.

Avec ce long-métrage, Merzak Allouache porte un regard tendre sur son Algérie natale. Il y dresse le portrait d’un pays au passé douloureux, à l’avenir incertain, où les jeunes ne survivent qu’en se raccrochant à l’illusion d’une parabole télé. Ou à Internet. « Quand l’ordinateur s’allume, dit un personnage, c’est comme si je respirais de l’air pur. Sinon, j’étouffe », asserte amèrement le personnage de Bouzid dans l’une des séquences du film.

Dans ce film, Merzak Allouache évoque également la condition de la femme en Algérie, à travers le personnage de la sœur de Bouzid, Zouina (Sofia Nouacer). Cette dernière fréquente secrètement deux hommes qu’elle rencontre l’un dans un cimetière catholique, l’autre dans un cimetière juif. « Ce sont les endroits les plus tranquilles d’Alger », dit-elle. La mère (Farida Sabounji), incarne, elle, la générosité et l’hospitalité des femmes algérienne.

A travers ces deux thématiques, le film regorge de signes et de sens. Et, c’est d’ailleurs son point fort. Toutefois, nous reprochons à Merzak Allouache est d’avoir faire parler ces deux habitants de Bab-El-Oued en français. Certes, les deux personnages Bouzid et Kamel avaient passés dix années en France avant de retourner en Algérie, mais ils ne reflètent pas ni les caractéristiques ni le comportement des habitants de ce quartier.

A l'occasion du Cinemed, le HuffPost Algérie publie, conjointement avec d'autres publications, les articles de couvertures d'étudiants en journalisme, accueillis par le festival à Montpellier.

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