Budget de l'État 2018: Tendance haussière des budgets des ministères, la part du lion au ministère de l'Éducation

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Le projet de budget de l'État pour 2018 prévoit une hausse de 12,5% du budget du ministère de l’Intérieur par rapport à 2017, soit une enveloppe de 2879 millions de dinars.

À noter que le budget de ce département a enregistré une remarquable hausse au cours des trois dernières années étant donné la guerre menée par la Tunisie contre le terrorisme et les besoins en équipements et en ressources humaines.

De même pour le ministère de la Défense dont le budget atteindra 2233 MD contre 2016 MD, en 2016.

Selon la même source, les budgets des ministères de l’Intérieur et de la Défense représentent plus que 14% du nouveau budget de l’État avec un montant s’élevant à 5112 MD.

Le plus élevé de tous les départements (13% du budget global), le ministère de l'Éducation connaitra cette année aussi une hausse, soit 4925 MD contre 4861 MD durant l'année écoulée.

Le budget de la présidence du gouvernement augmentera de 45,9 MD, passant de 122,4 MD, en 2017 à 168,3 MD, en 2018, alors que celui de la Présidence de la République restera inchangé (108, 5 MD). Quant au parlement, il verra son budget passer de 29,4 MD, en 2017, à 30,9 MD, en 2018 avec une hausse de 1,5 MD.

Le budget du ministère de la Relation avec les Instances Constitutionnelles et de la Société Civile et des Droits de l'Homme connaitra une importante hausse en passant de 3,4MD à 7,9 MD.

Le projet du budget de l’État adopté, le 12 octobre 2017, par le gouvernement d'union nationale, dévoile une augmentation du budget du ministère de la Justice passant de 542 MD, en 2017, à 591,5 MD, pour 2018.

Dans la même tendance, le budget du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique sera chiffré à 1481,6 MD contre 1361,8 MD et celui du ministère de la Santé enregistrera une importante hausse pour atteindre 1875,2 MD, en 2018, contre 1472 MD, en 2017.

Autres départements concernés par la hausse, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance (143,4 MD contre 134 MD), le ministère des Affaires de la Jeunesse et du Sport (633,8 MD contre 547 MD), le ministère des Affaires culturelles (264,5 MD contre 257,6 MD) et le ministère du tourisme et de l’artisanat (151 MD contre 146,7 MD).

Hausse remarquable du budget du ministère de l'Énergie

La hausse du budget touche également, le ministère de l’Énergie, des mines et des énergies renouvelables dont le budget s'élèvera à 1551, 2 MD contre seulement 700,4 en 2017, le ministère des Affaires locales et de l’environnement (887,4 MD contre 840,5 MD en 2017), le ministère des Affaires religieuses (105, 3 MD contre 99,8 MD) et le ministère de l'Agriculture, des ressources hydraulique et de la pêche a augmenté (1402 MD contre 1343,2 MD).

Par contre, le projet de budget de l’État pour l’année 2018 prévoit une diminution du budget de l'Emploi et de la Formation professionnelle qui sera réduit à 672,3 MD en 2018 contre 702,5 MD, en 2017. Pareil pour le ministère des Affaires sociales (1355,3 MD contre 1427,7 MD en 2017).

Cette tendance baissière concerne, également, le ministère de l'Equipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire passant de 1641, 4MD, en 2017, à 1594,4 MD, en 2018 et le ministère des Finances (735,7 MD contre 806,9 MD).

En ce qui concerne les instances constitutionnelles, le projet de budget de l’État 2018 prévoit une hausse du budget du Conseil Supérieur de la Magistrature pour atteindre 6,8 MD, en 2018, contre 1,7 MD en 2017, alors que les budgets de l'instance électorale et de l'instance Vérité et Dignité seront revus à la baisse.

Le budget de l’État 2018 prévoit un montant de 4,3 MD pour la Cour constitutionnelle qui n'a pas encore vu le jour.

Une loi de finances 2018 déjà décriée

Dans une interview vendredi 13 octobre sur les ondes de Radio Express FM, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum avait révélé les détails du projet de loi de Finances 2018, qui a été élaboré, dit-il, de façon participative en coordination avec l'UGTT et l'UTICA ainsi que plusieurs autres institutions. Le principal souci étant, selon Chalghoum, de maintenir un équilibre dans les balances budgétaires de l'Etat.

Celle-ci prévoit l'instauration de nouvelles taxes.

Le taux de la TVA augmentera d'un point l'année prochaine (de 6 à 7%, de 12 à 13% et de 18 à 19%) pour procurer à l'Etat des ressources additionnelles estimées à 313 millions de dinars.

Le projet propose, en outre, d'augmenter la taxe sur la consommation de certains produits, à l'instar des voitures touristiques, des yachts, de certaines boissons alcoolisées et du marbre, tout en soumettant à la taxe précitée d'autres produits, tels que les parfums, les produits cosmétiques et autres, pour mobiliser 220 millions de dinars.

La démarche visant le rapprochement entre les régimes forfaitaire des revenus sur le capital et ceux du travail se poursuivra afin de mobiliser 350 millions de dinars.

Parmi les autres mesures suggérées, l'augmentation de la taxe unique sur l'assurance de 5% à 6% s'agissant des risques liés à la navigation aérienne et maritime et de 10% à 12% pour ce qui est des autres risques, ce qui permettra de procurer 26 millions de dinars.

Il s'agit également de créer une taxe de résidence au profit du budget de l'Etat qui sera appliquée à tout résident dans les unités hôtelières dont l'âge dépasse 12 ans, d'un montant de trois dinars sur toute nuitée, afin de mobiliser 51 millions de dinars.

Il sera procédé à la révision du tarif du timbre fiscal appliqué aux services téléphoniques pour le fixer à 0,140dt sur chaque dinar ou une partie du dinar facturé ou payé au lieu de 0,100 dt actuellement. Ce tarif concernera les services Internet afin d'appliquer le même régime fiscal aux différents services de communication. Cette mesure permettra, selon le document, de lever 129 millions de dinars.

Décriée par plusieurs observateurs, la loi des Finances 2018 a même entrainé le mécontentement de l'Union Tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA).

Selon l'UTICA, ceux qui l'ont rédigé ont ignoré les recommandations faites par l'organisation patronale, sans compter le risque que cela affecte la pérennité de l'institution économique et la menace dans sa stabilité et son existence. L'UTICA a même dénoncé les nouvelles taxes et impositions qui "pèseront sur les entreprises et auront une incidence négative sur leurs activités, leur compétitivité, ainsi que leur capacité à investir et à créer de nouveaux emplois".

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