Wided Bouchamaoui menace: "Nous nous retirerons du pacte de Carthage, si..."

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WIDED BOUCHAMAOUI
Wided Bouchamaoui, president of Tunisian Confederation of Industry, Trade and Handicrafts (UTICA) and member of the Tunisia's National Dialogue Quartet, is seen after a meeting at the Elysee Palace in Paris, France, October 16, 2015. Tunisia's National Dialogue Quartet won the Nobel Peace Prize for helping build democracy in the birthplace of the Arab Spring, an example of peaceful transition in a region otherwise struggling with violence and upheaval. REUTERS/Charles Platiau | Charles Platiau / Reuters
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Déçue du projet de loi de finances 2018, la présidente de l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), Wided Bouchamaoui, a menacé de se retirer du pacte de Carthage.

"Si le projet de loi de finances demeure inchangé, on va se retirer du pacte de Carthage", a-t-elle martelé, lundi, dans une interview accordée à Shems Fm.

Bouchamaoui a noté que les recommandations proposées par l'organisation patronale n'ont pas été prises en compte lors de l'élaboration du projet de loi. "Nous ne sommes pas là pour la photo!" a-t-elle lancé en pointant du doigt la stratégie de facilité adoptée par l'État. Elle a expliqué que pour renflouer ses caisses, l'État s'oriente toujours vers les entreprises en règles.

Elle a indiqué qu'avec une pression fiscale aussi élevée, le climat des affaires ne pourra pas s'améliorer. Au contraire, les entreprises seront étouffées par la hausse des impôts, découragées et incapables de s'épanouir. Elle a estimé que ce projet de loi est un sérieux coup de frein à la productivité et à l'investissement.

La présidente de l'UTICA a indiqué, par ailleurs, que les réformes structurelles adoptées pour booster l'économie tardent à venir. "Nous avons proposé d'élargir les bases d'imposition et de réduire les taux d'impôt" a-t-elle encore noté. Une mesure efficace qui, selon elle, permet à la fois de collecter plus de ressources et d'alléger le fardeau des entreprises.

Bouchamaoui a regretté, d'autre part, le fait que l'entreprise est considérée comme étant le maillon faible dans ce projet de loi. Pourtant, à ses yeux, les investisseurs prennent beaucoup de risque pour lancer leurs projets et contribuer à la relance économique. "L'investissement n'est pas un devoir" a-t-elle souligné en arguant que le fait de prendre autant de risques pour investir est facultatif, une initiative personnel de la part des investisseurs. "Ils ne sont obligés d'investir" a-t-elle renchéri.

D'autre part, la présidente de l'organisation patronale a évoqué le manque d'audace de l'État pour combattre le marché parallèle et la contrebande qui nuisent gravement à l'économie nationale. Elle a ajouté qu’il existait des sujets tabous qui ne sont pas abordés comme la situation du port de Radès ou encore la dégringolade des entreprises publiques. Elle a estimé que l'État préfère fermer les yeux sur ces dossiers épineux et pénaliser les entreprises privées, une proie facile.

Le 20 octobre courant, quelques jours après la publication du projet de loi de Finances 2018, l'UTICA a manifesté son mécontentement envers ce projet de loi. Elle a estimé que ce dernier affecte la pérennité de l'institution économique et la menace dans sa stabilité et son existence, dénonçant les nouvelles taxes et impositions qui "pèseront sur les entreprises et auront une incidence négative sur leurs activités, leur compétitivité, ainsi que leur capacité à investir et à créer de nouveaux emplois".

"Le projet de loi de Finances a totalement ignoré nos propositions et recommandations qui traduisent notre vision de l'investissement, de l'emploi, de l'amélioration du climat des affaires, ainsi que les recommandations par rapport au plan de sauvetage économique du pays," a expliqué l'UTICA dans son communiqué.

L'UTICA a présenté, le 25 septembre dernier, dans une note intitulée "Entre assainissement et relance" ses propositions pour ce nouveau projet de loi de Finances. Elle a recommandé de ne plus chercher des ressources pour couvrir des dépenses, mais plutôt d'optimiser les dépenses.

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