Le président philippin Rodrigo Duterte sur les criminels: "Je les flinguerai. J'appuierai sur la gâchette"

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RODRIGO DUTERTE
Philippine President Rodrigo Duterte checks the scope of a 7.62mm sniper rifle during the turnover ceremony of China's urgent military assistance given "gratis" to the Philippines, at Clark Air Base, near Angeles City, Philippines June 28, 2017. REUTERS/Romeo Ranoco TPX IMAGES OF THE DAY | Romeo Ranoco / Reuters
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PHILIPPINES - Le président philippin Rodrigo Duterte s'est dit prêt à "appuyer sur la gâchette" pour liquider des criminels, tout en assurant qu'il pourrait confier de nouveau à la police la tâche d'être en première ligne dans la lutte sanglante contre les trafiquants de drogue.

"Ceux qui violent les enfants, les femmes, ces fils de... Si vous ne voulez pas de la police, je suis là. Je les flinguerai. Pour de vrai. Si personne ne l'ose, j'appuierai sur la gâchette", a-t-il lancé devant des médias, vendredi 20 octobre.

Rodrigo Duterte a fait ces déclarations vendredi soir dans le sud des Philippines après avoir annoncé le 11 octobre qu'il retirait la police de la lutte contre les trafiquants de drogues, à la suite des accusations d'exactions diverses qui ont coûté la vie à des milliers de personnes. Le président a promis d'éradiquer le trafic de drogue dans son pays.

La police ne s'occupe plus de la lutte contre les trafiquants de drogue

La police, qui compte 165.000 hommes et femmes, a été remplacée par l'Agence philippine pour la lutte contre la drogue (PDEA), forte de 2000 personnes. Rodrigo Duterte a toutefois fait part vendredi soir de ses doutes sur la capacité de la PDEA à mener à bien sa mission. "Bon, nous verrons dans six mois. Si les choses empirent de nouveau, je dirai à ces singes : 'retournez au boulot. Vous allez nous régler ce problème'", a-t-il dit à propos des policiers.

Le chef de l'Etat philippin a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais demandé ou suggéré à la police de liquider des personnes soupçonnées de trafic de drogue ou d'être des drogués, tout en assurant par ailleurs qu'il se ferait un plaisir de les supprimer.

"Des milliers d'exécutions sommaires"

Rodrigo Duterte a été élu l'année dernière après avoir assuré pendant la campagne électorale que jusqu'à 100.000 personnes pourraient périr dans l'éradication du trafic de drogue dans son pays.

La police a recensé depuis la liquidation de plus de 3900 "personnalités de la drogue". 2290 autres personnes ont péri dans des affaires non-résolues liées à la drogue, selon des chiffres gouvernementaux.

Le président philippin bénéficie toujours d'une forte popularité mais des militants des droits de l'Homme et des personnalités de l'Eglise catholique ont accusé la police et des milices d'avoir procédé à des milliers d'exécutions sommaires. Les autorités rétorquent que la police n'a agi que dans des situations de légitime défense.

Rodrigo Duterte est coutumier de déclarations à l'emporte-pièce qui ont souvent défrayé la chronique.

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