A Beni Mellal, Amnesty International pilote un projet éducatif sur l'égalité des genres

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ÉDUCATION - Lutter contre les discriminations envers les femmes et créer idéalement "une société de bien-être féminin et masculin". C'est le défi que se lance, depuis un an, l'organisation Amnesty International Maroc, qui développe un projet baptisé "L'école pour l'égalité des genres" dans la province de Beni Mellal.

SI d'importantes réformes juridiques ont été réalisées afin d'améliorer le rapport d'égalité entre les hommes et les femmes au Maroc ces dernières années, comme le nouveau Code de la famille promulgué en 2004 et la nouvelle Constitution adoptée en 2011, ainsi que plusieurs initiatives institutionnelles et politiques contre la discrimination à l'égard des femmes, le chemin est encore long à parcourir pour parvenir à l'égalité totale entre les sexes.

"Des organismes de l'État ou de la société civile soulignent encore les limites présentes dans la législation en vue d’une effective égalité de genre. Et certaines des disposition existantes ne sont pas mises à exécution", explique au HuffPost Maroc Touria Bouabid, coordinatrice du programme au sein d'Amnesty International Maroc. "Cela crée un important décalage entre le niveau théorique et celui de la pratique. En somme: beaucoup de théories mais très peu de pratiques!", déplore-t-elle.

Former le corps enseignant

L’enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes, réalisée par le HCP en 2010, avait révélé que 24,2% des actes de violences à l'encontre des femmes ont lieu au sein d'établissements d'enseignement. Suite à ce constat, l'ONG de défense des droits humains est passée à l'action avec une initiative qui veut contribuer à la lutte contre les phénomènes de violence et de discrimination, à travers la sensibilisation et l'éducation aux droits humains des femmes au sein des établissements scolaires.

Pour cela, le personnel éducatif a été invité à renforcer ses compétences pour détecter les risques de violences et à diffuser auprès des élèves une approche, non violente et par le dialogue, aux relations de genre.

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Le choix de Beni Mellal comme ville pilote du projet n'est pas un hasard. De récents sondages ont révélé que bien que la population féminine soit légèrement supérieure (52,1% contre 47,9% d'hommes), les femmes sont plus vulnérables et défavorisées sur les plans politiques, économiques et sociaux. "La violence et la discrimination dans cette région sont des réalités quotidiennes pour la plupart de ces femmes" ajoute Touria Bouabid.

Une cinquantaine d'enseignants de 25 collèges et lycées de la région ont ainsi pris part à "L'école des genres" et participent encore à des activités et sessions de formations sur différentes thématiques qui prendront fin en janvier 2018. Hommes et femmes travaillent ensemble à des ateliers sur les préjugés et stéréotypes sexistes, et sur les concepts de sexes et de violences basées sur le genre.

"Le chemin vers l'instauration d'une société imprégnée des notions d'égalité entre les sexes au Maroc semble encore loin. Amnesty prévoit de continuer sa lutte dans ce domaine à travers ce même projet dans différentes régions, mais également à travers d'autres initiatives éducatives et d'autres campagnes et actions de plaidoyer", confie Touria Bouabid.

A l'issue de ce projet, un bilan global sera réalisé pour mettre en lumière les résultats et avancées de l'initiative et élaborer un guide national pédagogique.

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