Amine Bendriouich fait son entrée au Fashion Forward Dubai

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AMINE BENDRIOUICH
Amine Bendriouich/Instagram
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MODE - Enfant terrible de la mode marocaine, Amine Bendriouich détonne avec ses looks excentriques aux tonalités berbères, proposant des collections originales qui fusionnent esthétique urbaine et héritage culturel marocain avec un soupçon de folie et beaucoup d'humour.

Travaillant à Marrakech avec les artisans locaux, le styliste, artiste et designer marocain, fondateur de la marque Amine Bendriouich Couture & Bullshit (AB-CB) participera à la 10ème édition du Fashion Forward Dubai qui se tiendra du 26 au 28 octobre.

Baptisée A DNA comme pour "a DNA" signifiant "un adn parmi d’autres" en anglais, la nouvelle collection d'Amine Bendriouich est aussi une référence au prénom du jeune styliste. Le nom de la collection signifie également "Amine DNA". Cette collection est en effet pour lui un résumé de son évolution artistique et de tout qu'il a appris durant ces dernières années.

"Cela fait aujourd’hui 10 années que j’exerce, et cette collection est en quelque sorte un concentré de tout ce que j’ai eu la chance d’apprendre durant ces 10 dernières années", explique-t-il au HuffPost Maroc. "Elle reflète toutes les améliorations que j'ai pu apporter à mon travail en matière de coupes, de broderies, de détails et de techniques utilisées".

Le créateur marocain présentera une vingtaine de looks dans la capitale émiratie pour sa collection printemps-été 2018 (SS18), lors d'un défilé organisé le samedi 28 octobre au Hall 3 du Dubai Design District, ainsi que trois jours d'exposition ponctués d'échange et de rencontres.

"Si je participe à Fashion Forward, c’est parce que je pense que Dubaï est aujourd’hui la capitale de la mode dans la région. Les Emirats arabes unis font beaucoup d’effort pour développer la mode et le design dans la région, ils disposent de médias spécialisés, il y a une réelle industrie. C’est intéressant de s’ouvrir à cette partie du monde, pour que l’on puisse développer la mode dans toute la région MENA", explique Amine Bendriouich.

Ce n'est pas la première reconnaissance à l'international du jeune Marocain. Finaliste du DDFC Fashion Prize à Dubaï en 2015, il était également le visage de la campagne de Sole DXB, toujours dans la capitale émiratie. Avec une approche genre unique et un style tribal-folk résolument urbain, il a réussi à se démarquer et à se hisser en haut du podium, lors du dernier OpenMyMed Prize, lui donnant ainsi accès à une formation prestigieuse.

"Aujourd’hui, et j’en suis heureux, le public de Dubaï me connaît. Je revient cette année avec une nouvelle collection qui représente tout le chemin que j’ai parcouru", indique-t-il.

amine bendriouich

Cette collection est réalisée en collaboration avec des femmes marocaines de la médina, dont on peut retrouver les magnifiques broderies. Certains tissus qui composent la collection ont été tissés de manière artisanale en Inde. "Ce sont donc des tissus typiques de régions très spécifiques et réalisés à la main", souligne Amine Bendriouich.

Une affaire de plagiat

Celui dont le modèle emblématique de collection "In Go(l)d We Trust", sorti en 2015, a largement inspiré quelques pièces de la nouvelle collection SS18 de Balenciaga, revient sur cette histoire. Pour le créateur, c'est avant tout une question de considération et de crédibilité donnée aux créatifs marocains.

Il faut donner de la considération et croire en nos créatifs, ils sont capables de produire un travail de qualité. Le fait qu’ils soient plagiés à l’international par de grandes marques en est la preuve. Les créatifs marocains ont réellement besoin de soutien"

"Si nos créations avaient été un peu plus diffusées et soutenues, les marques oseraient moins faire ce genre de pratiques. Les créations des jeunes designers ne sont pas protégées. Heureusement, on vit aujourd’hui à l’ère d’internet et on peut se défendre", nuance-t-il. "Evidemment, le print du dollar ne m’appartient pas, mais il y a de grandes similitudes: d’abord le choix d’un billet de 100 dollars, la disposition des billets, le total look imprimé et le choix du tissu aussi".

S'il indique ne pas connaître "personnellement" Demna Gvasalia, le directeur artistique de Balenciaga, les deux designers sont "amis" sur Facebook. "Il a par conséquent accès à toutes mes photos et à quasiment tous mes modèles", précise Amine Bendriouich.

"Cela me fait plaisir quand même, de voir que de grands noms s'inspirent de mes modèles. Seulement, à l’époque où j’avais sorti cette collection, beaucoup ont trouvé ce modèle génial mais ont avoué qu’ils n’oseraient pas le porter. Aujourd’hui, depuis que Balenciaga a sorti le même, les gens ne voient pas les choses du même oeil. C'est marrant de voir ce changement".

Mais c'est loin d'être la première fois que des créateurs marocains se font plagier leurs modèles. On peut prendre comme exemple Fadila El Gadi ou encore le photographe marocain Ilyes Griyeb qui s’est fait copier ses photos pas le rappeur britannique Skepta pour sa campagne de promotion de sa marque de vêtements.

"Cela prouve qu’il faut véritablement œuvrer à la valorisation de notre patrimoine culturel qui est aujourd’hui représenté par les travaux des différents créatifs marocains. Il faut que cela soit plus mis en valeur, mieux exposé, pour que justement ce genre d’incident n’arrive pas"

"Fautes de moyens, les artistes ne peuvent souvent pas poursuivre ces grands noms en justice. Mais avec Internet, désormais, l’artiste copié peut s’exprimer publiquement, cela lui donne de l’exposition et les gens peuvent voir que l’idée d’origine est de lui (ou du moins son entourage direct)".

"Ce genre de pratique a toujours existé. Beaucoup de créateurs viennent au Maroc utiliser des broderies, des couleurs et des tissus. On appelait cela des "inspirations marocaines'. Espérons que cela va changer et que la production artistique prendra plus de valeur chez nous", conclut Amine Bendriouich.

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